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Atiku demande au FBI de ne pas « protéger la vérité » sur Tinubu
Alors que Washington invoque la protection des enquêtes pour maintenir certains documents confidentiels, l’opposant estime que ces arguments ne doivent pas servir de paravent à l’absence de transparence autour du parcours du chef de l’État.
 

(AfriquesPlus) - L’ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar conteste la décision du FBI de maintenir confidentiels certains documents potentiellement liés au président Bola Ahmed Tinubu. Il estime que les arguments invoqués par les autorités américaines ne sauraient justifier une opacité qui prive les Nigérians d’informations relevant de l’intérêt public.

Dans un article publié le 22 août 2026, le quotidien nigérian Daily Trust, sous la plume de Baba Martins, rapporte la nouvelle offensive d’Atiku contre le refus du Federal Bureau of Investigation (FBI) de rendre publics certains documents concernant le président nigérian.

Dans une déclaration transmise par son conseiller spécial chargé de la communication publique, Phrank Shaibu, l’ancien vice-président estime que les Nigérians ne peuvent accepter l’argument selon lequel la divulgation de ces documents pourrait constituer un « danger pour des vies ».

« Le FBI dit que la divulgation pourrait mettre des vies en danger. Lesquelles ? Les Nigérians meurent déjà », affirme Atiku, cité par Daily Trust.

L’ancien candidat à la présidentielle revient ensuite sur la situation économique et sécuritaire du pays depuis l’arrivée de Tinubu au pouvoir. Il accuse le gouvernement de mener des politiques qui auraient aggravé les difficultés quotidiennes de nombreux Nigérians, évoquant notamment les conséquences de la suppression de la subvention aux carburants.

Selon lui, les attaques terroristes et le banditisme ont fait de nombreuses victimes, tandis que la hausse du coût de la vie aurait plongé davantage de familles dans la précarité. Il évoque également les difficultés d’accès aux soins, l’augmentation des prix du transport et les pressions financières pesant sur les ménages et les entreprises.

Atiku défend à cette occasion son projet de réintroduire une subvention sur les carburants. Il assure que celle-ci serait ciblée, financée de manière transparente, plafonnée et soumise à un audit indépendant afin de limiter les risques de corruption et de détournement.

« Je ne m’excuserai pas de choisir la survie des Nigérians plutôt qu’un dogme économique », affirme-t-il, estimant que le coût du carburant a des répercussions directes sur les transports, les prix alimentaires, la production et l’emploi.

Mais c’est surtout au FBI que l’ancien vice-président adresse son principal message. Il précise que sa demande ne vise pas à obtenir des informations susceptibles de compromettre des agents américains, des sources confidentielles ou des méthodes d’enquête sensibles.

Atiku demande plutôt aux autorités américaines de protéger ces éléments tout en rendant publics les documents dont la divulgation serait légalement possible. « Protégez vos agents. Protégez vos sources. Protégez vos méthodes », lance-t-il, tout en demandant que ces protections ne servent pas à soustraire Bola Tinubu à l’examen public.

Pour l’opposant, les Nigérians disposent d’un droit démocratique à connaître le parcours et la personnalité de celui qui exerce la plus haute fonction de l’État. Il estime que lorsque des informations détenues par les autorités américaines présentent un intérêt légitime pour le public nigérian et peuvent être divulguées légalement, leur maintien dans le secret ne se justifie pas.

Atiku insiste également sur le fait que sa démarche ne constitue pas une demande d’intervention des États-Unis dans la politique nigériane. Il présente plutôt sa requête comme une exigence de transparence et de responsabilité démocratique.

« Nous ne demandons pas à l’Amérique de faire fonctionner notre démocratie à notre place », affirme-t-il, selon Daily Trust. Il redoute toutefois que les règles américaines de confidentialité ne deviennent, de manière indirecte, un refuge permettant d’éviter toute forme de reddition de comptes au Nigeria.

Cette sortie intervient dans un contexte de controverse autour de documents que le FBI détient sur Bola Tinubu et dont la divulgation fait l’objet de démarches aux États-Unis. L’ancien vice-président entend ainsi maintenir la pression sur les autorités américaines, tout en inscrivant cette bataille dans son discours plus large contre les politiques économiques du gouvernement Tinubu.

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