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Burkina Faso, la pisciculture, une nouvelle voie de réinsertion pour les militaires
Avec un investissement de plus d’un milliard de FCFA et des recettes attendues dépassant trois milliards, le programme mise sur les compétences de 100 anciens militaires pour développer la production halieutique.
 

(AfriquesPlus) - Au Burkina Faso, des militaires en reconversion ont réalisé leur quatrième récolte de poissons au barrage de Soum, dans la commune de Nanoro. Ce projet de réinsertion socio-économique entend offrir de nouvelles perspectives professionnelles à 100 anciens militaires tout en contribuant à renforcer la production nationale de poissons.

Dans un article publié le 14 octobre 2026, l’Agence de presse africaine (APA) rapporte que le comité de pilotage du projet a constaté, lors d’une visite de terrain vendredi, les résultats obtenus par les producteurs. Certains poissons récoltés dépassent 1,2 kilogramme après sept mois d’alimentation, selon un compte rendu du ministère de la Guerre.

Le vice-président du comité de pilotage, Rémi Palé, a salué la rigueur des producteurs, qu’il attribue notamment à la discipline acquise au cours de leur formation militaire. Ces résultats témoignent des possibilités de reconversion dans les activités agricoles et halieutiques pour les anciens militaires.

Lancé à la suite d’une convention signée en août 2024 entre les ministères chargés de l’Agriculture et de la Défense, le programme prévoit la réinsertion de 100 anciens militaires sur trois sites piscicoles : Soum, Samandéni et Bagré. L’investissement global dépasse un milliard de francs CFA, pour des retombées financières attendues de plus de trois milliards de francs CFA, selon les données du projet.

Malgré les progrès enregistrés à Soum, plusieurs difficultés ont affecté les activités. Au démarrage, une forte mortalité des poissons a été constatée, tandis que des vents violents ont détruit certaines cages. Ces incidents ont mis en évidence la nécessité d’améliorer la conception des installations, la qualité des alevins et les conditions de stockage des aliments destinés aux poissons.

La commercialisation représente également un défi pour les producteurs. Le marché local étant limité, les principaux débouchés se trouvent à Koudougou et à Ouagadougou. L’acheminement des poissons vers ces villes nécessite des moyens de transport adaptés afin de préserver la fraîcheur des produits et de limiter les pertes.

Pour consolider les résultats, le comité de pilotage prévoit de renforcer les différentes étapes de la chaîne de production, depuis l’approvisionnement en alevins jusqu’à la commercialisation. L’objectif est de pérenniser les activités existantes et d’envisager l’extension du dispositif à d’autres bénéficiaires.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’« Offensive agropastorale et halieutique » du Burkina Faso, qui vise à accroître la production nationale et à réduire la dépendance alimentaire du pays. Elle associe ainsi un objectif de réinsertion professionnelle à un enjeu plus large de souveraineté alimentaire.

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