(Afriquesplus)- En Côte d’Ivoire, Pulchérie Gbalet a vivement critiqué les partis de l’opposition, leur reprochant notamment de privilégier leurs intérêts politiques au détriment, selon elle, de ceux de la population. Dans une interview accordée au journal Aujourd’hui, dont Linfodrome rapporte les principaux éléments, la présidente de l’Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) estime que l’opposition ivoirienne peine à construire une démarche commune.
« Je reproche à l’opposition un certain égocentrisme par rapport aux intérêts du peuple qu’il faut défendre », a déclaré Pulchérie Gbalet. Elle estime également que plusieurs responsables de l’opposition ne seraient pas suffisamment disposés à placer les intérêts de la Côte d’Ivoire au-dessus de leurs ambitions politiques.
La militante de la société civile critique particulièrement le fonctionnement du Front commun constitué par plusieurs formations de l’opposition. Elle considère que cette coalition n’a pas été construite sur des bases suffisamment solides et reproche à certains de ses membres de ne pas avoir assumé leurs engagements jusqu’au bout.
Selon elle, les divergences entre les différents acteurs de l’opposition ont notamment empêché la mise en œuvre de certaines actions annoncées. Elle fait référence à l’« opération bloquons tout », qu’elle juge improvisée, ainsi qu’à la stratégie adoptée par l’opposition depuis la présidentielle d’octobre 2025.
Un désaccord sur la stratégie de l’opposition
Pulchérie Gbalet revient également sur l’expérience de la désobéissance civile de 2020, menée alors dans un contexte politique différent avec Henri Konan Bédié. Elle estime que les forces d’opposition devraient tirer les leçons de cette période et parvenir à une meilleure coordination.
Elle porte aussi un regard critique sur Laurent Gbagbo, président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Tout en continuant à le présenter comme une figure importante de la lutte politique, elle estime qu’il n'agit plus avec la même détermination qu'auparavant.
Cette sortie intervient alors que les consultations se poursuivent en Côte d’Ivoire autour de la réforme du système électoral. Les partis d’opposition participent notamment aux discussions engagées sur le futur dispositif de gestion des élections, dans un contexte marqué par la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI).
Les déclarations de Pulchérie Gbalet illustrent les divergences qui traversent actuellement les forces politiques opposées au pouvoir. Elles relancent également le débat sur leur capacité à définir une stratégie commune et durable.