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Du boycott de 1966 à la loyauté de 2026, l’Afrique face à la FIFA
Les fédérations africaines avaient imposé une place garantie au Mondial. Aujourd’hui, observe Afolabi Adekaiyaoja, elles échangent leurs voix contre des subventions sans exiger de réformes structurelles
 

(AfriquesPlus) - Elles ont tenu bon quand les Européens réclamaient la tête du patron de la FIFA. Dans une tribune parue sur le site Africa Is a Country, Afolabi Adekaiyaoja, chercheur et auteur spécialisé dans la politique africaine, revient sur le rôle des fédérations africaines dans la crise provoquée par le projet de cession d’une partie des droits commerciaux du Mondial à des investisseurs privés.

Selon l’auteur, la FIFA entendait confier ses activités de diffusion, de parrainage, de billetterie et de licences à une nouvelle entité, FIFA Forward Enterprise. Elle aurait cédé des parts minoritaires pour lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation de 20 milliards. Pour convaincre les associations, l’instance promettait de faire passer leur dotation de développement pour 2027-2030 d’environ 8 à 20 millions de dollars. Mais, sous la pression de l’UEFA, Gianni Infantino a retiré le projet en quelques jours.

Durant cette séquence, la Confédération africaine de football (CAF) s’est rangée derrière lui. Son comité exécutif a réaffirmé son soutien à l’unanimité, à Rabat. Samuel Eto’o, président de la fédération camerounaise, a même estimé que le plan aurait beaucoup apporté aux petites fédérations.

Afolabi Adekaiyaoja récuse pourtant l’idée d’une soumission originelle. En 1966, rappelle-t-il, ce sont les fédérations africaines qui avaient boycotté les qualifications du Mondial pour obtenir une place garantie. Elles l’ont obtenue, et la conservent depuis 1970.

L’auteur observe que le Maroc, allié le plus solide d’Infantino, a transformé sa planification à long terme en influence, puis l’a dépensée en fidélité. Le Nigeria et le Cameroun, absents du Mondial et en proie au désordre administratif, avaient trop besoin de la subvention pour faire autrement. « Les forts et les fragiles ont fini au même endroit », écrit-il, aucun n’ayant rien demandé à la FIFA.

Il refuse toutefois de voir dans les 20 millions de dollars un simple pot-de-vin. Le Cap-Vert doit une part de son succès aux financements Forward, mais aussi à sa diaspora, comme le Maroc, dont les projets n’ont pas été conçus par la FIFA.

Pour Afolabi Adekaiyaoja, les fédérations ont eu raison de prendre l’offre au sérieux. « Elles ont eu tort de céder leurs voix sans rien demander en échange », tranche-t-il. Il les invite à exiger des financements audités, une part plus grande des indemnités de transfert pour les académies et une voix réelle sur le calendrier.

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