(AfriquesPlus) - Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a été reconduit lundi 5 octobre 2026 à la tête du gouvernement fédéral par la nouvelle Chambre des représentants, issue des élections générales du 1er juin.
Dans une dépêche publiée le 5 octobre 2026, l’Agence panafricaine de presse (APA) rapporte que le Parti de la prospérité (PP), dirigé par Abiy Ahmed, a obtenu une large majorité lors de ce scrutin. Plus de 54 millions d’électeurs étaient inscrits, tandis que 42 partis politiques et des candidats indépendants ont participé aux élections, selon les données communiquées par les autorités électorales.
Après sa reconduction, Abiy Ahmed a remercié les citoyens ayant pris part au processus électoral et appelé à poursuivre les efforts en faveur de la stabilité et du développement du pays.
Son nouveau mandat s’ouvre toutefois dans un contexte sécuritaire tendu. Depuis le 23 septembre, de nouveaux affrontements opposent les forces fédérales éthiopiennes aux combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), quatre ans après la fin de la guerre dans cette région du nord du pays.
Les forces fédérales et leurs alliés ont repris le contrôle de Mekele, capitale du Tigré, après le retrait annoncé des forces tigréennes. Le TPLF a expliqué cette décision par sa volonté de réduire les risques pour les populations civiles.
Dans un communiqué publié le 1er octobre, Médecins Sans Frontières (MSF) a par ailleurs fait état d’une hausse du nombre de blessés de guerre pris en charge dans plusieurs établissements sanitaires du nord de l’Éthiopie, sur fond de tensions persistantes.
L’Union africaine appelle à la désescalade
Face à cette nouvelle escalade, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, avait appelé le 23 septembre à « la plus grande retenue » et à la reprise « sans délai » des discussions directes dans le cadre de l’accord de Pretoria, signé le 2 novembre 2022.
Il avait demandé à son haut représentant pour la Corne de l’Afrique, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, d’engager les parties et de soutenir les efforts diplomatiques. L’UA a également réaffirmé sa disponibilité à accompagner les initiatives de désescalade, de dialogue et de règlement pacifique des différends.
Sur le plan régional, les tensions se sont également accentuées avec l’Érythrée. Le 1er octobre, Addis-Abeba a annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara et l’expulsion de dix diplomates érythréens déclarés personae non gratae. L’Érythrée a ensuite annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie.
Les relations avec l’Égypte se sont elles aussi dégradées. Addis-Abeba a expulsé un diplomate égyptien, une mesure suivie par l’expulsion par Le Caire d’un conseiller de l’ambassade d’Éthiopie. Ce nouvel épisode intervient alors que les deux pays restent en désaccord sur le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), construit sur le Nil Bleu.
Le 1er octobre, la Commission de l’UA avait appelé l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à faire preuve de retenue et à préserver les canaux de communication, tout en les exhortant à privilégier les voies diplomatiques et le dialogue pacifique.