(AfriquesPlus) – Le Ghana, le Kenya, le Malawi et la Zambie font face à d’importants besoins de financement et à des coûts élevés du service de la dette, susceptibles de limiter leurs investissements publics et leurs dépenses sociales. Dans un article publié le 8 octobre 2026, Joy Business rapporte une alerte de la Banque mondiale formulée dans son rapport économique d’octobre consacré à l’Afrique.
Selon le rapport de l’institution de Bretton Woods, la mobilisation des recettes publiques, plus faible que prévu dans certains pays, pourrait contraindre les gouvernements à procéder à de nouveaux ajustements budgétaires. La Banque mondiale estime également que les efforts de consolidation budgétaire pourraient peser sur la croissance s’ils se traduisent par des réductions des dépenses d’infrastructure ou des retards dans des projets de développement essentiels.
L’institution souligne que, malgré le ralentissement de l’inflation dans une grande partie de l’Afrique, les tensions sur les prix restent sensibles aux dépréciations des taux de change, aux chocs sur les prix alimentaires et aux dérapages budgétaires. Ces risques sont particulièrement importants dans les pays présentant des niveaux d’endettement élevés et des marges de manœuvre budgétaires limitées.
La persistance des tensions inflationnistes pourrait également ralentir, voire inverser, l’assouplissement des politiques monétaires, avec des conséquences sur la croissance du crédit, l’investissement privé et la demande intérieure. Dans ce contexte, la Banque mondiale insiste sur la nécessité de préserver l’indépendance des banques centrales et d’éviter le financement monétaire des déficits publics afin de maintenir la stabilité des prix et de contenir les anticipations inflationnistes.
La Banque mondiale relève par ailleurs que plusieurs gouvernements d’Afrique subsaharienne ont engagé ces dernières années des réformes parfois politiquement difficiles. Parmi elles figurent la suppression des subventions aux carburants, la libéralisation des taux de change, la consolidation budgétaire et les mesures visant à améliorer la mobilisation des recettes intérieures.
La poursuite de cette dynamique pourrait toutefois devenir plus compliquée à l’approche des élections ou pendant les périodes de forte contestation politique. La hausse persistante du coût de la vie pourrait notamment accroître la pression sur les gouvernements et rendre plus difficile la mise en œuvre de mesures impopulaires.
Pour la Banque mondiale, les risques ne se limitent pas à un simple ralentissement temporaire des réformes. Si les mesures adoptées ne produisent pas d’améliorations tangibles des conditions économiques dans un délai raisonnable, ou si elles sont perçues comme inefficaces, le soutien des populations pourrait s’affaiblir.
Cette situation pourrait non seulement ralentir les réformes déjà engagées, mais aussi réduire la volonté des gouvernements et des citoyens d’accepter de nouvelles mesures similaires à l’avenir.
Au Ghana, le déficit budgétaire rapporté au produit intérieur brut, sur une base de trésorerie, s’élevait à 0,6 % en juillet 2026, selon les données citées par Joy Business.
Ce niveau pourrait toutefois augmenter sensiblement en raison des risques qui pèsent sur les perspectives budgétaires. La situation du Ghana illustre ainsi les difficultés auxquelles sont confrontés plusieurs pays africains : réduire les déséquilibres des finances publiques tout en préservant les investissements, les dépenses sociales et la croissance.
L’alerte de la Banque mondiale intervient dans un contexte où plusieurs économies africaines cherchent encore à restaurer leurs marges budgétaires après plusieurs années de chocs successifs, tout en évitant que l’assainissement des finances publiques ne pèse davantage sur les ménages et l’activité économique.