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Ibrahim Traoré appelle à l’unité en rendant hommage à Thomas Sankara
Trente-neuf ans après le drame du 15 octobre 1987, le capitaine Ibrahim Traoré exhorte les Burkinabè à éviter les divisions qui, selon lui, peuvent faire échouer une révolution.
 

(AfriquesPlus) - Trente-neuf ans après l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, le pouvoir burkinabè fait de leur mémoire un appel à la vigilance, à la cohésion nationale et à la poursuite de la révolution en cours. Le président Ibrahim Traoré a également mis en avant les objectifs de souveraineté du pays.

Le Burkina Faso a rendu hommage, jeudi 15 octobre 2026, au capitaine Thomas Sankara et à ses compagnons assassinés le 15 octobre 1987. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, qui représentait le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré.

Dans une dépêche publiée le 15 octobre 2026, APAnews rapporte que le président burkinabè a appelé à la vigilance et à l’unité dans un discours lu en son nom par le Premier ministre. « La fidélité au combat est d’abord la fidélité entre nous », a déclaré Ibrahim Traoré, mettant en garde contre les divisions susceptibles, selon lui, de fragiliser la dynamique politique actuelle.

Le chef de l’État a établi un parallèle entre l’histoire du pays et la situation actuelle, affirmant que le Burkina Faso de 2026 « n’est pas celui de 1987 ». Il a notamment évoqué la mobilisation du 30 septembre dernier, organisée à l’occasion du quatrième anniversaire de la « Révolution progressiste populaire » (RPP).

Revenant sur les circonstances de la mort de Thomas Sankara, Ibrahim Traoré a souligné que l’ancien président n’était pas tombé sous les coups d’un ennemi ouvertement déclaré, mais de personnes qui partageaient avec lui « la table, l’uniforme et le serment ». Il a ainsi averti qu’« une révolution meurt avant tout de la division fratricide de ses propres gardiens », appelant à se prémunir contre la calomnie et les soupçons au sein du mouvement révolutionnaire.

Pour le président burkinabè, honorer la mémoire de Thomas Sankara et de ses compagnons implique de poursuivre leur combat au quotidien. Il a cité plusieurs espaces où cette ambition devrait se concrétiser, des fronts de lutte sécuritaire aux champs, en passant par les usines, les salles de classe, les médias et les réseaux sociaux. Il a également salué l’engagement des Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), dont il a souligné les sacrifices dans le contexte sécuritaire du pays.

Le discours a aussi remis en avant l’autosuffisance et la production locale, à travers une formule attribuée à Thomas Sankara : « Consommer ce que nous produisons et produire ce que nous consommons ». Ibrahim Traoré a présenté cette orientation comme un moyen de lutter contre la pauvreté et de favoriser un développement endogène. Il a appelé à renforcer quatre piliers de souveraineté : sécuritaire, alimentaire, économique et monétaire, ainsi que culturelle.

Le Mémorial Thomas Sankara a également occupé une place importante dans cette commémoration. Selon les chiffres cités par le président, le site, ouvert au public le 19 mai 2025, avait accueilli plus de 200 000 visiteurs au 30 septembre 2026. Les recettes générées, estimées à environ 130 millions de francs CFA, ont été reversées au projet de construction des infrastructures du mémorial. Ibrahim Traoré a appelé la population à contribuer à la campagne « Ma brique pour Sankara », avec l’ambition de faire du lieu une « bibliothèque à ciel ouvert de la mémoire ».

Enfin, le chef de l’État a remercié la municipalité du troisième arrondissement de Rome, qui a récemment donné le nom de Thomas Sankara à un parc, en saluant cette initiative comme une reconnaissance internationale de la mémoire de l’ancien dirigeant.

Président du Burkina Faso de 1983 à 1987, Thomas Sankara a été assassiné lors du coup d’État qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir. Près de quatre décennies après sa mort, son héritage politique reste une référence centrale dans le discours des autorités actuelles, qui inscrivent leur projet dans la continuité de ses idéaux de souveraineté, d’autonomie économique et de transformation sociale.

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