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Kono, des diamants de sang à la promesse non tenue
Longtemps épicentre du trafic qui finançait la guerre, ce district de l’est du pays reste l’un des plus pauvres de la Sierra Leone, malgré les initiatives de l’industrie diamantaire
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=pEk826Rpm4w

(AfriquesPlus) - Dans les années 1990, les diamants sierra-léonais finançaient la guerre. Aujourd’hui, l’industrie se dit réformée, mais dans l’est du pays, les mineurs et les anciens ouvriers n’en voient pas les bénéfices.

Pendant la guerre civile, qui a débuté en 1991, le contrôle du district de Kono, cœur diamantifère du pays, est devenu un enjeu majeur pour les rebelles. Les pierres étaient acheminées vers le Liberia de Charles Taylor en échange d’armes. Ce trafic rapportait jusqu’à 125 millions de dollars par an, rappellent Sarah Sako et Simon Martin, dans un reportage diffusé par France 24.

Depuis, l’industrie met en avant des initiatives censées réparer ce passé. Le « Peace Diamond », découvert il y a dix ans par le pasteur et mineur artisanal Emmanuel Momo, en est le symbole. Le religieux l’a remis au gouvernement, et 15 % de sa vente sont revenus au village de Koryardu. Une fondation du groupe Rapaport, qui a organisé les enchères, y finance une école de plus de 250 élèves et un centre de santé.

Cette vitrine contraste avec la situation décrite par les journalistes de France 24 dans le reste du district. Fin 2024, la mine industrielle Koidu Limited a suspendu ses activités après une grève sur les salaires et licencié la quasi-totalité de ses 1 000 employés. Les syndicats lui réclament plus de 32 millions d’euros d’arriérés. L’entreprise, elle, dénonce des accusations « infondées » reposant sur de faux documents.

Les mineurs artisanaux restent eux aussi à l’écart des profits. Sans moyen d’évaluer leurs pierres, ils les vendent à des prix dérisoires. Selon un ordre de grandeur recueilli par les reporters auprès de grossistes, un diamant d’un carat acheté quelques dizaines d’euros peut se revendre entre 2 000 et 20 000 euros en joaillerie occidentale.

Certaines communautés tournent donc la page. Soutenu par une ONG, le village de Yigbeda rebouche ses puits pour planter du riz, dans le cadre du programme gouvernemental « Feed Salone ».

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