(AfriquesPlus) - Dans un article publié le 29 septembre 2026 dans le quotidien Le Monde, Maëlle Duhamel rapporte la contre-offensive diplomatique menée par Addis-Abeba alors que les hostilités ont repris dans le nord de l’Éthiopie. Le chef d’état-major général de l'armée fédérale, le maréchal Birhanu Jula, a directement accusé l’Érythrée, le Soudan, l’Égypte et « d’autres puissances extérieures » de soutenir l’Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie, une nouvelle coalition de groupes armés créée le 22 septembre.
Selon le maréchal éthiopien, les « adversaires historiques » du pays « ne sont plus capables de l’affronter par une invasion militaire directe », mais « investissent de l’argent et déploient des moyens de renseignement afin de provoquer des conflits internes ». Affirmant que les groupes rebelles « ne peuvent rien accomplir seuls », le commandement fédéral dénonce une déstabilisation délibérée. À la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, le président Taye Atske Sélassié a lui aussi fustigé des « ingérences persistantes d’éléments hostiles ».
Côté érythréen, les tensions sont exacerbées par la volonté affichée d'Addis-Abeba d'obtenir un accès maritime sur la mer Rouge, lorgnant en particulier le port d'Assab. Pour le politologue Yohannes Woldemariam cité par Le Monde, le premier ministre Abiy Ahmed trouve un « intérêt politique évident à désigner l’Erythrée comme la cause de ses maux », permettant d'opérer le basculement d'une « crise de légitimité en un mouvement de défense de la souveraineté éthiopienne ».
Également pointé du doigt, le Soudan a rejeté « catégoriquement » des « accusations sans fondement », sur fond de litige frontalier persistant dans la zone d'Al-Fashaga. De son côté, l’Égypte n’a pas réagi, bien que le contentieux autour du grand barrage de la Renaissance alimente une rivalité de longue date.
L’universitaire Federico Donelli rappelle cependant au quotidien français qu’« une convergence d’intérêts ne constitue pas pour autant une preuve de soutien militaire direct » et qu'« aucune preuve publique tangible » n'a été apportée à ce jour, tout en constatant que « les fractures politiques internes de l’Ethiopie s’entremêlent avec les rivalités qui traversent la Corne de l’Afrique ».