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L’Afrique appelée à peser davantage sur l’avenir du multilatéralisme
Le continent doit devenir « co-auteur » du futur ordre multilatéral, plutôt que de simplement s’adapter à ses transformations
 

(AfriquesPlus) - Dans une tribune publiée le 24 août 2026 par Amani Africa, l’ancien conseiller politique principal de l’ONU et ex-responsable du bureau de médiation au Soudan, Abdul Mohamed, estime que l’Afrique doit se mobiliser davantage face à l’affaiblissement du multilatéralisme et au processus de désignation du prochain secrétaire général des Nations unies.

L’auteur considère que la crise actuelle de l’ONU dépasse une simple transition à sa tête. Rivalités entre grandes puissances, application inégale du droit international, paralysie du Conseil de sécurité et montée des logiques bilatérales fragilisent, selon lui, les fondements du système multilatéral. Une évolution particulièrement préoccupante pour l’Afrique, dont la sécurité, le développement, le financement, la lutte contre le changement climatique et la défense de la souveraineté dépendent largement de règles internationales communes.

Abdul Mohamed alerte également sur les conséquences de ce recul pour les institutions africaines. Un ordre international davantage fondé sur des négociations bilatérales entre États inégalement dotés pourrait, estime-t-il, affaiblir l’Union africaine et les communautés économiques régionales en favorisant les accords séparés avec les puissances extérieures. Il appelle ainsi à considérer la défense du multilatéralisme mondial et le renforcement du multilatéralisme africain comme deux combats indissociables.

La prochaine élection du secrétaire général de l’ONU constitue, à ses yeux, une occasion stratégique. L’Afrique devrait définir collectivement ses attentes concernant la réforme du Conseil de sécurité, la gouvernance financière internationale, la justice climatique, la prévention des conflits et la coopération avec les institutions africaines. Le futur secrétaire général devra, selon l’auteur, être un dirigeant indépendant, capable de dialoguer avec les grandes puissances tout en restant crédible auprès du Sud global et attaché aux principes de la Charte de l’ONU.

La tribune plaide enfin pour une relation plus équilibrée entre l’ONU, l’Union africaine et les communautés économiques régionales. Les institutions africaines ne devraient plus être considérées uniquement comme des relais d’exécution, mais comme de véritables partenaires dans la définition des politiques internationales. Pour Abdul Mohamed, l’Afrique doit aussi renforcer ses propres mécanismes multilatéraux afin que sa défense de l’ordre international soit crédible.

L’auteur invite, par ailleurs, l’Afrique à profiter de la désignation du prochain secrétaire général pour défendre non seulement ses intérêts au sein de l’ONU, mais aussi une nouvelle conception du multilatéralisme. Il estime que le continent doit devenir « co-auteur » du futur ordre multilatéral, plutôt que de simplement s’adapter à ses transformations.

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