(AfriquesPlus) - Le conflit déclenché cette année par les États-Unis et Israël contre l'Iran a révélé combien il est coûteux de dépendre du Moyen-Orient pour le pétrole, les engrais et même les routes commerciales. L'Afrique en profite. C'est la conclusion de Monique Vanek et de l'économiste Yvonne Mhango dans la deuxième édition du guide de l'investisseur en Afrique de Bloomberg Businessweek, publiée le 5 octobre 2026. Le continent connaissait déjà un boom des investissements, et ses industries attirent désormais encore plus de capitaux venus de plusieurs continents.
Les investisseurs africains suivent le mouvement. Aliko Dangote, l'homme le plus riche du continent, veut reproduire au Kenya le succès de sa raffinerie nigériane de 700 000 barils par jour. Il a répondu à l'appel des dirigeants d'Afrique de l'Est, dont les pays ont été parmi les plus touchés par le choc d'approvisionnement provoqué par la guerre. Le projet, estimé à 16 milliards de dollars, est en construction depuis septembre à Lamu. L'homme d'affaires propose aux États de la région une participation de 30 % au capital.
La Chine accélère aussi en engageant 33,5 milliards de dollars dans les infrastructures africaines au premier semestre 2026, dans le cadre des Nouvelles routes de la soie. Un record pour une période de six mois, et l'Éthiopie et l'Égypte en sont les premières bénéficiaires.
Les Américains, eux, ciblent les minerais critiques. L'administration Trump en a fait une priorité dans sa rivalité avec Pékin, car ces ressources, abondantes en Afrique, sont indispensables à la fabrication d'armes, de véhicules électriques et de semi-conducteurs. Le californien KoBold Metals a ainsi lancé en avril en République démocratique du Congo ce qu'il présente comme la plus grande campagne d'exploration de lithium au monde.
Pour Kevin Latter, responsable de JPMorgan Chase pour l'Afrique subsaharienne, le potentiel de croissance africain est désormais « assez grand pour compter pour les investisseurs mondiaux ». Et il arrive, selon lui, au moment précis où les capitaux du monde entier cherchent de nouvelles sources de croissance.
Le guide actualise aussi son classement du risque d'investissement, établi avec Bloomberg Economics pour 19 pays. Le Nigeria réalise la plus forte progression, gagnant quatre places grâce à une économie et à des finances publiques plus solides, et à une moindre vulnérabilité extérieure. L'Afrique du Sud, en tête l'an dernier, recule d'un rang. C'est désormais Maurice qui occupe la première place pour l'attractivité relative.
« Les risques varient considérablement selon les pays et les régions », prévient Kevin Latter.