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Le boom du ciment pourrait accélérer la demande énergétique en Afrique
L’essor rapide des capacités cimentières en Afrique pourrait annoncer une profonde transformation de la consommation énergétique du continent
 

(AfriquesPlus) - L’Afrique pourrait devenir l’un des principaux moteurs de la croissance future de la demande mondiale d’énergie, sous l’effet notamment de l’urbanisation et de l’industrialisation. C’est l’analyse développée par Gavin Maguire dans une chronique publiée par Reuters le 24 septembre 2026.

Selon les données du Global Energy Monitor (GEM) citées par l’auteur, les pays africains représentent actuellement 42 % des capacités mondiales de production de ciment en construction, alors que le continent ne concentre que 8 % des capacités déjà opérationnelles. L’Afrique dispose d’environ 441 millions de tonnes de capacité annuelle de production en activité, auxquelles pourraient s’ajouter 43,3 millions de tonnes actuellement en construction et 23 millions supplémentaires annoncées.

Pour Gavin Maguire, cette multiplication des projets cimentiers dépasse la seule question des matériaux de construction. Elle constitue un indicateur des transformations économiques à venir. La construction de logements, de routes, de ports, d’usines et d’infrastructures énergétiques devrait accompagner l’urbanisation du continent et entraîner une consommation accrue d’acier, de produits chimiques, de biens manufacturés et surtout d’énergie.

L’auteur souligne que la production de ciment est particulièrement énergivore. Le développement de nouvelles capacités devrait donc accroître les besoins en électricité, mais aussi en charbon, coke de pétrole et gaz naturel. Dans plusieurs pays africains, ces combustibles fossiles pourraient continuer à jouer un rôle important dans l’approvisionnement des nouvelles installations industrielles.

L’Égypte, avec environ 88 millions de tonnes de capacité annuelle, possède aujourd’hui le plus important parc cimentier du continent. Le Nigeria, pour sa part, dispose de la plus grande capacité cimentière actuellement en construction en Afrique, avec environ 10 millions de tonnes. La Libye, le Mali, l’Angola, l’Ouganda, le Mozambique et le Cameroun figurent également parmi les pays où les projets cimentiers sont les plus importants.

Cette trajectoire ne signifie toutefois pas nécessairement que l’Afrique reproduira exactement les modèles industriels des régions qui se sont développées avant elle. Maguire relève que les nouveaux projets peuvent bénéficier de technologies plus performantes. Des fours modernes, l’utilisation d’énergies renouvelables, notamment solaires, et le développement de fours électriques pourraient réduire l’intensité énergétique des cimenteries. Mais le coût de technologies plus avancées, comme le captage du carbone, risque de limiter leur adoption dans de nombreux marchés africains.

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