(AfriquesPlus) - Le 28 septembre, des drones ont frappé un convoi d’Africa Corps, le dispositif du ministère russe de la Défense en Afrique, à quelques kilomètres à l’est de Niono, dans le centre du Mali. Dès le lendemain, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), franchise sahélienne d’Al-Qaida, a revendiqué l’attaque et fait état de « sept morts et blessés » dans les rangs russes. Le journaliste Benjamin Roger, qui détaille ces faits dans Le Monde du 8 octobre, souligne que le groupe s’appuie sur des images de propagande pour étayer son bilan.
Selon les données de l’ONG Acled citées par Le Monde, le groupe d’Iyad Ag Ghali a mené 130 attaques avec des drones au Mali, au Burkina Faso, au Togo et au Niger depuis septembre 2023. Sur la même période, il a conduit 5 348 attaques dans ces quatre pays. Les drones n’interviennent donc que dans 2,4 % d’entre elles, le gros des opérations restant mené au sol.
Pour Héni Nsaibia, expert de l’Afrique de l’Ouest à l’Acled interrogé par le quotidien français, « les drones sont des armes supplémentaires dans leur arsenal ». Il explique qu’ils offrent au GSIM des capacités de surveillance et de frappe qu’il ne possédait pas auparavant.
Les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui combattent aux côtés des djihadistes la junte du général Assimi Goïta, utilisent eux aussi des drones. D’après Le Monde, les services de renseignement ukrainiens, soucieux de frapper les intérêts de Moscou, les ont formés à leur maniement courant 2024. Cette information nourrit les critiques de ceux qui, compte tenu de la porosité entre les deux groupes, y voient un transfert de technologie à Al-Qaida.
Un officier malien cité par le journal affirme que cette acquisition a modifié la nature des affrontements. Les djihadistes disposent désormais d’une dimension aérienne, ce qui constitue une menace dont il est parfois difficile de se prémunir.