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L'école Shajareh Tayyebeh, frappée deux fois le premier jour de la guerre contre l'Iran
Le 28 février, une école de Minab, dans le sud de l'Iran, a été détruite par deux frappes en quelques minutes, tuant de nombreux enfants. Des mois après, des habitants, des secouristes et des documents contredisent la thèse d'une cible militaire
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=9OmK0oeq5fc

(AfriquesPlus) - Ce samedi 28 février, en plein ramadan, c'est le début de la semaine scolaire en Iran. Les enfants sont déjà en classe quand débutent les frappes américano-israéliennes contre le pays. Le monde regarde alors Téhéran, où l'on cherche à savoir si le guide suprême a été tué. À Minab, port stratégique près du détroit d'Ormuz, l'école Shajareh Tayyebeh vient d'être touchée.

Selon le témoignage d'une enseignante recueilli par Drop Site News, la direction apprend vers 9h30 que la guerre a commencé et appelle les familles à venir chercher leurs enfants. Certains sont déjà partis quand une première explosion secoue le bâtiment. L'enseignante raconte avoir fait sortir les élèves de maternelle dans la fumée, en leur demandant de ne pas se retourner. Les premières informations circulent vers 11h30-12h, heure locale. Le média indique que la frappe a été suivie d'une seconde sur l'école, puis d'une troisième sur une clinique voisine, alors que secouristes et parents s'activaient parmi les décombres. Un mur entourant l'établissement aurait limité l'effet du souffle.

Les premiers comptes rendus médiatiques évoquaient une école voisine d'une base de missiles des Gardiens de la révolution (IRGC), laissant penser à une frappe ratée. Selon Drop Site News, Donald Trump a ensuite affirmé que l'Iran était lui-même responsable de la tragédie. Le média indique avoir sur place des documents, des images satellites et des déclarations officielles qui dressent un autre tableau. Le terrain abritait jusqu'en 2013 une installation navale de l'IRGC. Il a été cédé en 2014 pour y construire des écoles, qui ont ouvert en 2015. L'établissement, privé, donnait la priorité aux enfants de militaires mais accueillait aussi des familles modestes. Surtout, le bureau du gouverneur de la province a affirmé que l'IRGC avait quitté les derniers locaux après la guerre de juin 2025. Pour Drop Site News, les services américains disposaient donc de ces informations.

À l'hôpital de Minab, les équipes ont été débordées, rapporte Drop Site News. Des camions frigorifiques habituellement utilisés pour le poisson ont servi de chambres froides. Les familles ont identifié leurs enfants grâce à des photos projetées dans la mosquée de l'hôpital, puis à leurs vêtements, cartables ou chaussures. Plusieurs membres du personnel soignant ont perdu un enfant dans l'attaque. Un bilan de 175 morts est avancé dans un extrait cité par le média.

Les séquelles sont profondes. Des psychologues évoquent des enfants rescapés atteints de stress post-traumatique et rongés par la culpabilité. Une enseignante affirme avoir perdu 26 collègues. À l'approche de la rentrée d'automne, des parents se demandent s'ils peuvent renvoyer leurs enfants en classe, l'école n'étant plus perçue comme un lieu sûr.

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