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L'intégration financière africaine face au défi de la volonté politique
L’interconnexion des systèmes de paiement, la coopération entre régulateurs, l’expansion des banques panafricaines et les mécanismes de partage des risques offrent des bases pour l’intégration. Reste à transformer ces dispositifs en mesures concrètes
 

(AfriquesPlus) - L’Afrique dispose déjà de nombreux instruments pour rapprocher ses systèmes financiers, mais leur interconnexion reste freinée par une accumulation de barrières nationales. Dans une tribune publiée le 24 septembre 2026 dans New African Magazine, Jonas Komlan Siliadin estime que l’enjeu se déplace désormais du terrain technique vers celui des décisions politiques et de leur mise en œuvre.

Dans son analyse, Jonas Komlan Siliadin, spécialiste de la gouvernance, des risques et de la conformité dans les secteurs bancaire et assurantiel, examine les difficultés qui continuent de limiter la circulation du crédit, des capitaux, des garanties et de l’information financière à travers le continent. Publié le 24 septembre 2026 par New African Magazine, son article souligne que l’Afrique dispose déjà de banques panafricaines, d’unions monétaires, de marchés régionaux, de systèmes de paiement et d’un secteur institutionnel de l’épargne.

L’auteur s’appuie notamment sur le 4e Symposium de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Congo et le Forum 2026 du Club des dirigeants de banques et établissements financiers africains, organisés à Brazzaville du 17 au 19 septembre. Ces rencontres ont réuni des banquiers, des régulateurs, des représentants gouvernementaux, des banques de développement et des acteurs du secteur privé autour de trois enjeux : l’intégration régionale, le financement des infrastructures et la résilience financière.

Selon Siliadin, l’un des principaux problèmes réside dans le décalage entre les structures mises en place et leur fonctionnement quotidien. Une entreprise peut produire dans un pays, vendre dans un autre ou y ouvrir une filiale, sans pour autant bénéficier d’un financement transfrontalier aussi fluide. La reconnaissance des garanties, les paiements, la transmission des informations bancaires, la fiscalité et les règles prudentielles peuvent encore varier d’un territoire à l’autre.

Cette fragmentation pèse particulièrement sur les entreprises et les PME. L’auteur souligne que des délais administratifs importants, des procédures de garantie inadaptées ou encore les retards de paiement du secteur public peuvent fragiliser leur trésorerie et compliquer leur accès au crédit. La question de la « bancabilité » doit ainsi, selon lui, être appréciée au-delà des seules garanties matérielles, en tenant compte notamment de la solidité des contrats, de la qualité des informations financières et de la prévisibilité de l’environnement fiscal.

Le financement des infrastructures constitue un autre défi. Pour des projets nécessitant des capitaux importants et des échéances de quinze à trente ans, les banques commerciales ne peuvent agir seules. Siliadin souligne donc la nécessité de combiner les ressources des banques commerciales et de développement, des mécanismes de garantie, des marchés de capitaux, des assureurs, des fonds de pension et des partenariats public-privé.

L’auteur s’intéresse également à la liquidité des marchés financiers africains. Le poids des investissements conservés jusqu’à leur échéance réduit les échanges sur les marchés secondaires et limite les possibilités pour les investisseurs de revendre rapidement leurs titres. Il plaide ainsi pour un élargissement de la base des investisseurs, une participation accrue des assureurs et des fonds de pension et un développement plus actif des marchés secondaires.

Le numérique apporte de nouvelles possibilités, notamment dans les paiements, l’identification des clients, l’analyse des données et la lutte contre la fraude. Mais Siliadin souligne que l’interopérabilité ne peut se limiter aux systèmes de paiement. Elle doit également concerner les données, les procédures de connaissance du client, la conformité, le règlement des transactions, la gestion des risques et la cybersécurité.

L’auteur considère que les solutions techniques existent déjà en grande partie. L’interconnexion des systèmes de paiement, la coopération entre régulateurs, l’expansion des banques panafricaines et les mécanismes de partage des risques offrent des bases pour approfondir l’intégration. Reste, selon lui, à transformer ces dispositifs en mesures concrètes, avec des responsabilités et des échéances clairement établies.

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