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Mohammed VI choisit le silence face à Felipe VI
Le roi du Maroc n’a pas publiquement condamné la visite historique du monarque espagnol à Ceuta et Melilla. Mais plusieurs signes trahissent le mécontentement de Rabat
 

(AfriquesPlus) - Pas de communiqué, pas de rappel d’ambassadeur. Rabat a opté pour la retenue. Alors que Felipe VI et la reine Letizia achevaient, mercredi 14 octobre, une visite historique de quarante-huit heures à Ceuta et à Melilla, le Maroc s’est abstenu de réagir publiquement, rapporte Alexandre Aublanc dans un article publié le 14 octobre 2026 par Le Monde.

Ce choix ne signifie pas que l’exécutif marocain s’est tu. Ses représentants ont ostensiblement boudé la fête nationale espagnole du 12 octobre. Contrairement à 2025, aucun conseiller royal ni ministre ne s’est affiché aux côtés de l’ambassadeur d’Espagne à Rabat. Les vœux que Mohammed VI adresse habituellement à Felipe VI n’ont, eux, été relayés ni par la diplomatie ni par la presse locale. Une inflexion notable, selon Le Monde, que l’affrontement de l’îlot Persil, en 2002, n’avait pas provoquée.

Cette désapprobation tacite tranche avec l’attitude du souverain en 2007, lorsque Juan Carlos Ier s’était rendu dans les deux villes. L’ambassadeur marocain avait alors été rappelé, et le roi avait dénoncé des « villes marocaines occupées ».

Plusieurs facteurs expliquent cette prudence, avance le journaliste. La crise migratoire de juillet, qui a vu environ 70 000 personnes rejoindre illégalement Ceuta, un raidissement de l’opinion espagnole, et des élections anticipées convoquées le mois prochain, que le Parti populaire, supposément plus ferme face à Rabat, est annoncé favori pour remporter. « L’électrochoc provoqué en Espagne a sans doute joué en faveur des seconds », admet un ancien acteur de la relation bilatérale, sous couvert d’anonymat, évoquant le camp de la retenue au sommet de l’État marocain.

Dans son discours du 9 octobre, Mohammed VI n’a d’ailleurs cité nommément ni Ceuta ni Melilla, ni condamné leur « occupation ». Il a seulement fustigé les « déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques ».

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