(AfriquesPlus) - Selon un article de l'agence Reuters publié le 25 septembre 2026, Moody's a abaissé vendredi la note souveraine du Botswana, en devise locale comme en devise étrangère, de « Baa1 » à « Baa2 », invoquant une détérioration attendue des finances publiques du pays. Il s'agit du second déclassement de l'agence en moins d'un an, ce qui laisse désormais le pays à seulement deux crans de la catégorie spéculative.
Cette décision intervient quelques jours à peine après que le ministre des Finances, Ndaba Gaolathe, a annoncé que le Botswana s'attendait à un déficit budgétaire nettement plus faible que prévu pour l'exercice en cours, porté par des recettes de la banque centrale supérieures aux attentes et des mesures de restriction des dépenses.
L'économie botswanaise, longtemps présentée comme une réussite africaine, souffre d'un ralentissement prolongé du marché mondial du diamant, alimenté par l'incertitude économique et la popularité croissante des diamants de synthèse. Or les diamants représentent habituellement environ un tiers des recettes nationales du pays et les trois quarts de ses recettes en devises.
Moody's évoque également l'affaiblissement des recettes tirées de l'Union douanière d'Afrique australe (SACU), source majeure de revenus pour l'État, ainsi que des rentrées décevantes des nouvelles mesures fiscales introduites récemment. L'agence prévient qu'elle pourrait de nouveau abaisser la note du pays si le Botswana venait à accroître significativement son investissement dans De Beers via des opérations financées par la dette, une cession qu'Anglo American espère finaliser d'ici la fin de l'année.
Malgré ce déclassement, Moody's a relevé la perspective de « négative » à « stable », citant une réponse budgétaire plus ferme des autorités et la possibilité qu'une reprise plus durable des revenus du diamant vienne ralentir l'accumulation de la dette.