(AfriquesPlus) - Reçue dans l'émission Tête à Tête de France 24, Louise Mushikiwabo a évoqué le scrutin qui doit désigner, en novembre prochain, le prochain secrétaire général de l'OIF, à l'occasion du 20e Sommet de la Francophonie au Cambodge. Contrairement aux éditions précédentes, où le poste se négociait par consensus entre chefs d'État, quatre candidats sont en lice cette fois : la Mauritanienne Kumba, le Roumain Dan Dascalu, la Congolaise Julienne Lumumba et Louise Mushikiwabo elle-même, candidate à un troisième mandat.
Face au journaliste, la secrétaire générale sortante a salué le passage au vote comme une preuve de maturité de l'organisation, âgée de 56 ans. Elle a assuré ne pas redouter l'issue du scrutin, rappelant avoir personnellement contribué à l'inscription de cette procédure dans les textes rénovés de l'OIF, applicable en l'absence de consensus entre chefs d'État. Interrogée sur ses chances, elle s'est gardée de se proclamer favorite, évoquant plutôt un bilan reconnu par plusieurs dirigeants et des réseaux diplomatiques bâtis durant ses années aux Affaires étrangères rwandaises.
La chaîne l'a également interrogée sur la candidature de Julienne Lumumba, dont le patronyme renvoie à une histoire politique congolaise chargée, dans un contexte de conflit ouvert entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Louise Mushikiwabo a rejeté l'idée d'une candidature conçue comme un point de bascule dans cette confrontation régionale, tout en reconnaissant que Kigali fait l'objet de sanctions occidentales et de critiques onusiennes liées à son rôle dans l'est congolais. Selon elle, ces différends bilatéraux ne devraient pas peser sur l'examen de sa candidature, de nombreux pays engagés dans des organisations multilatérales étant eux-mêmes parties à des conflits similaires.
Sur le dossier des trois pays de l'Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina Faso et Niger — sortis de l'organisation après suspension puis sanctions, elle a reconnu regretter ce départ tout en écartant toute responsabilité personnelle, l'attribuant à des turbulences géopolitiques régionales. Elle a justifié le traitement différent réservé à la Guinée et au Gabon, deux pays ayant sollicité l'accompagnement de l'OIF dans leur transition après un coup d'État, par une décision collective des États membres de leur accorder une seconde chance. Si elle est réélue, a-t-elle confié à France 24, la réintégration des trois pays sahéliens figurera parmi ses priorités.