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Nairobi : à Eastleigh, les économies légales et illicites s’entremêlent
Le quartier d’Eastleigh, à Nairobi, illustre les liens complexes entre économies légales et activités illicites. Une étude du GI-TOC met en lumière les réseaux qui se développent à la frontière entre ces deux sphères.
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=rQLzFZpOfCU

Le quartier d’Eastleigh, à Nairobi, illustre les liens complexes entre activités économiques légales et réseaux illicites. Une étude du Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) met en lumière ces interactions.

Surnommé « Little Mogadishu », Eastleigh abrite une importante communauté somalienne et constitue l’un des principaux pôles commerciaux de Nairobi. Le quartier est toutefois confronté à plusieurs défis liés à la criminalité organisée, notamment les trafics, la traite des personnes, la falsification de documents, les violences de gangs et les marchés de drogues illicites.

L’étude « City of Contrasts » repose sur cinq tables rondes organisées entre novembre 2025 et février 2026 avec des représentants des autorités, des forces de sécurité, de la société civile, des habitants ainsi que des membres de la communauté somalienne réfugiée et migrante. Ces échanges ont débouché sur un « Shared Security Pact », regroupant plusieurs recommandations communes.

Selon Ken Opala, coordinateur de terrain du GI-TOC pour l’Afrique de l’Est, la frontière entre économies légales et illégales est parfois difficile à établir. Des groupes criminels peuvent investir des marchés légitimes tandis que des revenus provenant d’activités illicites peuvent être réinjectés dans l’économie légale, notamment dans l’immobilier.

Les chercheurs citent également les liens possibles entre gangs, acteurs économiques et responsables politiques. Des groupes criminels peuvent être sollicités pour protéger certains intérêts commerciaux ou intimider des adversaires, tandis que les périodes électorales peuvent favoriser leur implication dans des opérations liées aux campagnes.

Le foncier constitue un autre secteur sensible. L’étude relève que des terres acquises illégalement peuvent parfois prendre une apparence de légitimité grâce à des connexions avec des responsables publics. Elle souligne aussi les difficultés rencontrées par certaines populations marginalisées dans leurs rapports avec les services publics et l’accès à la justice.

Le GI-TOC s’intéresse par ailleurs au « maslaha », un mécanisme traditionnel somalien de règlement des différends. L’organisation recommande que ce système demeure consacré aux conflits civils et aux infractions mineures, tandis que les crimes graves devraient être orientés vers la justice formelle.

À l’approche des élections kényanes de 2027, les chercheurs disent surveiller particulièrement les interactions entre gangs et politique. L’étude souligne également l’impact des déplacements de populations provoqués par les chocs climatiques, qui peuvent accroître la vulnérabilité de certaines personnes à l’exploitation.

Le GI-TOC précise toutefois qu’Eastleigh et la communauté somalienne de Nairobi ne doivent pas être assimilés à la criminalité organisée. Pour les chercheurs, le quartier constitue surtout un observatoire de phénomènes plus larges, parmi lesquels la corruption, les inégalités, les difficultés d’accès à la justice et l’imbrication des économies légales et illicites.

 

 

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