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Nigeria, l’opposition questionne les effets des réformes économiques de Tinubu
Au lendemain du discours d’indépendance du président nigérian, plusieurs figures de l’opposition contestent la portée des réformes économiques et réclament des améliorations mesurables sur le pouvoir d’achat et la sécurité.
 

(AfriquesPlus) - L’opposition nigériane a réagi aux déclarations du président Bola Ahmed Tinubu, qui a affirmé le 1er octobre, à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du Nigeria, que le pays était entré dans un « âge de prospérité ». Plusieurs responsables politiques estiment que cette nouvelle phase doit désormais se traduire par des effets concrets sur les conditions de vie.

Dans un article publié le 2 octobre 2026, The Guardian Nigeria, sous la signature d’Azimazi Momoh Jimoh, Andrew Oota et Kehinde Olatunji, rapporte notamment les critiques de l’ancien vice-président Atiku Abubakar, candidat de l’African Democratic Congress (ADC). Celui-ci accuse le gouvernement de ne pas avoir suffisamment amélioré le pouvoir d’achat des ménages malgré les réformes engagées depuis 2023.

Atiku conteste notamment l’idée selon laquelle la baisse de l’inflation suffirait à démontrer une amélioration du niveau de vie. Il estime qu’un ralentissement de la hausse des prix ne signifie pas nécessairement que les produits essentiels sont redevenus accessibles aux ménages. Il critique également la suppression de la subvention sur les carburants, qu’il juge responsable d’une hausse des coûts du transport et du prix des produits alimentaires.

Le responsable de l’ADC met également en cause la situation sécuritaire, évoquant les attaques de groupes armés et les déplacements de populations. Il demande que les résultats des politiques publiques soient mesurés à partir d’indicateurs concrets concernant notamment la sécurité des communautés, la protection des agriculteurs et l’accès aux services essentiels.

D’autres voix de l’opposition ont exprimé des préoccupations similaires. Peter Obi a appelé à un « reset » national et à une attention accrue portée au bien-être des citoyens, tandis que la branche de Lagos du Parti démocratique populaire (PDP) a estimé que les annonces présidentielles ne répondaient pas suffisamment aux difficultés liées au coût de la vie, au chômage et à l’insécurité.

La campagne de l’ADC a, de son côté, reproché au discours présidentiel de ne pas comporter suffisamment d’engagements économiques et sécuritaires « spécifiques, mesurables et contraignants ». Elle a notamment demandé que les résultats des réformes puissent être évalués à partir d’objectifs clairement définis.

Ces critiques interviennent après le discours de Bola Tinubu, qui affirme que les réformes engagées depuis son arrivée au pouvoir ont permis de corriger certains déséquilibres structurels de l’économie. Le président a notamment cité une croissance supérieure à 4 % en 2026, une baisse de l’inflation par rapport à son pic, une progression des réserves de change et des recettes d’exportations non pétrolières ayant dépassé 6 milliards de dollars en 2025.

Tinubu reconnaît toutefois que de nombreux Nigérians restent confrontés au coût élevé de l’alimentation, de l’éducation, des soins de santé et des transports. Il présente la réduction du coût de la vie comme la priorité de la nouvelle phase de son programme économique.

Le débat porte ainsi désormais sur la traduction des indicateurs macroéconomiques en améliorations perceptibles pour les ménages, alors que le gouvernement défend les résultats de ses réformes et que l’opposition réclame des mesures permettant d’en évaluer les effets.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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