Skip to main content
Un fossé religieux sur l'autonomie des femmes en Afrique de l'Ouest et du Centre
Une enquête d'Afrobarometer relève un soutien nettement plus faible chez les musulmans (60% et 38%) que chez les chrétiens (81% et 64%)
 

(AfriquesPlus) - Selon la Dépêche n°1230 d'Afrobarometer, signée par Maame Akua Amoah Twum et Komi Amewunou et publiée le 16 septembre 2026, cette analyse s'appuie sur 21 600 entretiens menés entre janvier 2024 et septembre 2025 dans 18 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre. En moyenne, 72% des citoyens estiment que les filles et les femmes devraient pouvoir décider elles-mêmes si et quand se marier, et 76% sont favorables à l'enseignement de l'éducation sexuelle à l'école, un soutien qui tombe toutefois à 66% au Sénégal, l'un des taux les plus bas de la région. L'écart sénégalais devient particulièrement marqué sur l'autonomie reproductive : si 69% des Sénégalais soutiennent le droit des femmes à décider de leur mariage, ils ne sont plus que 29% à leur reconnaître le droit de décider du nombre et du moment d'avoir des enfants, l'un des plus forts écarts enregistrés dans l'étude avec la Gambie. 

Autre constat de l'enquête : le soutien à l'autonomie des femmes est partout plus élevé chez les femmes, les citadins, les jeunes et les personnes les plus instruites, et nettement plus faible chez les musulmans (60% et 38%) que chez les chrétiens (81% et 64%).

Sur l'accès à la contraception, la région reste divisée : 54% des répondants jugent qu'elle devrait être accessible à toute personne sexuellement active indépendamment de son statut marital, et 50% indépendamment de l'âge. Mais le Sénégal fait partie des pays les plus opposés à cet accès sans restriction, avec seulement 28% et 35% de soutien, un niveau comparable à la Guinée ou au Tchad et loin des 90% enregistrés au Cabo Verde. 

L'écart se confirme sur l'avortement : si 63% des Africains de l'Ouest et du Centre jugent l'interruption de grossesse parfois ou toujours justifiée quand la santé de la femme est en danger, ce taux tombe à 55% au Sénégal, et surtout à seulement 30% en cas de viol ou d'inceste, l'un des taux les plus bas de toute la région. Lorsque la grossesse résulte de difficultés économiques ou d'un simple refus de la poursuivre, l'acceptation chute à 9% et 8% au Sénégal, contre des moyennes régionales de 32% et 30%. 

L'étude souligne enfin que le soutien à l'ensemble de ces principes de santé sexuelle et reproductive reste, dans tous les pays étudiés, systématiquement plus fort chez les citadins, les jeunes et les populations les plus instruites que chez leurs homologues ruraux, âgés ou sans instruction formelle.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1392
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3