Skip to main content
Une année de retard pour les accros à l'IA, selon l'OCDE
Les élèves qui utilisent chaque jour l'intelligence artificielle pour rédiger leurs devoirs perdent 20 points en sciences dans l'enquête PISA 2025. Les scores moyens n'avaient jamais été aussi bas depuis un quart de siècle
 

(AfriquesPlus) - Vingt points de moins en sciences, soit l'équivalent d'environ une année de scolarité. C'est l'écart mesuré par l'OCDE dans son enquête PISA 2025 entre les élèves qui utilisent quotidiennement l'intelligence artificielle pour leurs devoirs écrits et ceux qui ne s'en servent jamais. L'étude, menée auprès de 760 000 jeunes de 15 ans dans 91 pays, relève aussi des scores moyens au plus bas depuis un quart de siècle. Selon l'organisation, l'IA, les réseaux sociaux et les smartphones ont contribué ensemble à ce recul de la lecture dans le monde.

Ces chiffres sont au cœur d'une enquête de Shalini Ramachandran, Georgia Wells et Molly Reinmann, publiée par le Wall Street Journal le 30 septembre 2026. Les journalistes y examinent l'offensive de Google, le géant de la tech le plus déterminé, selon eux, à mettre l'IA entre les mains des écoliers américains.

Aux États-Unis, les scores de lecture PISA ont reculé de 14 points depuis 2022. Sur le terrain, les témoignages se ressemblent. Richard Scott, collégien en Pennsylvanie, demandait au moteur de recherche de son ordinateur scolaire de résoudre ses équations, et il a échoué à l'examen final de mathématiques. « Quand je ne pouvais pas utiliser l'IA en contrôle, c'était dur de réfléchir », raconte-t-il.

À Miami, où Gemini a été ouvert à tous les lycéens, l'enseignante Kaitlyn Ruano a vu de bons élèves échouer à l'examen national d'histoire de l'art. « Je n'avais aucune idée de la moitié de la matière », lui a confié l'un d'eux. Ces outils sont difficiles à éviter : les résumés d'IA du moteur de recherche ne peuvent pas être désactivés par les districts scolaires partenaires. « On ne peut pas échapper à Gemini dans Google Classroom », résume Mark Racine, ancien directeur informatique des écoles de Boston.

Face à la chute des résultats en lecture, New York a réagi. Début septembre, le maire Zohran Mamdani a interdit l'IA aux élèves jusqu'à la fin du collège pour l'année scolaire, et Los Angeles a suivi.D'après l''OCDE, les élèves qui utilisent l'IA chaque jour pour apprendre, et qui ont été formés à ces outils, obtiennent des résultats légèrement supérieurs à ceux qui ne s'en servent jamais. Mais ils sont en général issus de milieux plus aisés. Google reconnaît lui-même ce risque : après un essai mené en Sierra Leone, l'entreprise a écrit que les nouveaux outils éducatifs « creusent souvent les écarts de réussite au lieu de les réduire ».

Une porte-parole de Google assure que l'IA associée à l'enseignement d'un professeur aide les élèves à mieux apprendre. Un ancien chercheur du groupe, Mikel Rodriguez, est plus sombre : « Nous menons cette expérience sur toute une génération, sans groupe témoin. »

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1631
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3