(AfriquesPlus) - Au moins 82 personnes ont perdu la vie après l’effondrement d’une mine d’or dans la région du Kordofan, dans le sud du Soudan. Une cinquantaine de blessés ont également été signalés, alors que les secours poursuivent leurs recherches avec des moyens rudimentaires.
Dans un article publié le 16 septembre 2026, Africanews, avec l’Associated Press (AP), rapporte que l’accident s’est produit mardi dans une mine de la région du Kordofan. Une source au sein des Forces de soutien rapide (FSR), qui contrôlent la zone, a fait état d’au moins 82 morts et d’une cinquantaine de blessés.
Les opérations de secours se poursuivaient mercredi, alors qu’un nombre encore indéterminé de personnes pourraient être toujours coincées sous les décombres. À l’aube, 60 corps avaient été extraits de la mine d’Al-Zaraa, avant que 22 autres ne soient récupérés dans la journée.
Les recherches se déroulent dans des conditions difficiles. « Tout le monde travaille dur pour récupérer les corps et chercher d’éventuels survivants, mais c’est compliqué », a raconté à l’AFP Khair al-Sayyed Jabara, l’un des rescapés. Selon lui, les équipes ont besoin d’engins pour dégager la roche et la terre.
L’accident met en lumière les risques liés à l’exploitation artisanale de l’or au Soudan. Les puits sont souvent creusés très près les uns des autres, sans dispositifs suffisants pour assurer la sécurité des travailleurs. « Si l’un d’eux s’effondre, tous les autres autour s’effondrent », a expliqué Al-Amin Suleiman, un mineur présent au moment de l’accident.
La majorité de l’or extrait dans le pays provient d’exploitations informelles. Les travailleurs y utilisent des outils rudimentaires et perçoivent de faibles revenus quotidiens. Ils peuvent également être exposés à des substances toxiques, notamment au cyanure utilisé dans l’extraction de l’or.
La région du Kordofan, riche en ressources minières, compte de nombreuses exploitations non officielles et peu ou pas sécurisées. Dans un pays confronté à une crise économique et humanitaire majeure, l’activité minière constitue néanmoins une source de revenus pour de nombreux jeunes.
L’or occupe également une place stratégique dans le conflit qui ravage le Soudan depuis avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide. Les deux camps tirent profit des ressources du pays, notamment de l’or, dont le commerce représente plusieurs milliards de dollars. Près de 20 millions de personnes sont par ailleurs confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, selon l’ONU, poussant davantage de Soudanais vers l’exploitation minière.
Selon la société publique Sudanese Mineral Resources Company, le Soudan a produit 70 tonnes d’or en 2025, soit son niveau le plus élevé depuis cinq ans. Une grande partie de l’or exporté officiellement ou par des réseaux parallèles serait destinée aux Émirats arabes unis, selon des responsables soudanais et des sources du secteur minier. Abou Dhabi est accusé par plusieurs rapports internationaux de soutenir les Forces de soutien rapide et de leur fournir des armes, ce que les autorités émiraties démentent. En juillet, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé des sanctions visant le commerce de l’or soudanais, considéré par Londres comme une source de financement des armes et des groupes armés.