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Construire une usine ne suffit pas à créer une industrie
Électricité fiable, infrastructures, expertise technique... La transformation locale des ressources africaines exige des conditions que beaucoup de pays peinent encore à réunir, selon Yinka Adegoke, journaliste à Semafor
 

(AfriquesPlus) - Dans une analyse publiée le 23 septembre par Semafor, Yinka Adegoke met en garde contre la tentation de faire de la « valeur ajoutée » locale une réponse automatique aux difficultés économiques du continent. 

Transformer des minerais ou raffiner du pétrole sur place suppose une électricité abondante, des infrastructures de transport, des capitaux et un savoir-faire technique qui font encore défaut dans de nombreux pays, au point qu'importer un produit fini reste parfois moins coûteux que de le fabriquer localement. 

Pour l'auteur, ériger une usine ne garantit en rien l'émergence d'une industrie réellement compétitive, un risque qui menace de transformer une ambition légitime en simple vitrine coûteuse.

Cette mise en garde n'invalide pas pour autant la stratégie elle-même. Adegoke rappelle que les pays qui restent de simples exportateurs de matières premières demeurent vulnérables aux cycles des prix et captent peu de la valeur créée en aval, ce qui explique la volonté affichée par plusieurs gouvernements africains, dont le Nigeria et la RDC cités dans l'article, d'exiger désormais que la chaîne de valeur et les emplois restent ancrés sur leur propre sol plutôt que de se contenter de financements étrangers. 

Le vrai test, conclut-elle, n'est donc pas d'afficher une politique industrielle volontariste, mais de bâtir une capacité productive qui survivra au départ des partenaires étrangers et à la fin de l'actuel cycle de hausse des matières premières.

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