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Elaine Mokhtefi, l'Américaine qui a mis sa plume au service des révolutions africaines, s'est éteinte
Traductrice et militante engagée dès les années 1950 aux côtés des mouvements de libération, elle a côtoyé Frantz Fanon, la diplomatie naissante du FLN puis les Black Panthers exilés à Alger
 

(AfriquesPlus) - Traductrice et militante engagée dès les années 1950 aux côtés des mouvements de libération, elle a côtoyé Frantz Fanon, la diplomatie naissante du FLN puis les Black Panthers exilés à Alger. Elaine Mokhtefi est morte le 11 septembre à New York, quelques semaines à peine avant un ultime voyage prévu en Algérie, pays qui venait tout juste de lui accorder sa nationalité.

Née Elaine Klein en 1928 à New York dans une famille juive appauvrie par la crise de 1929, elle est renvoyée à 16 ans de son collège de Géorgie pour s'être rebellée contre la ségrégation. Selon le récit qu'en fait Paul Audinet dans Afrique XXI le 21 septembre 2026, ses années new-yorkaises au sein des United World Federalists, marquées par sa dénonciation du racisme américain, attirent l'attention du FBI et précipitent son départ pour Paris en 1952. 

Elle y découvre les conditions de vie des travailleurs maghrébins et fait le lien avec ses propres luttes : « J'ai fait un lien, et peut-être même un transfert de mes combats américains. » En 1960 à Accra, elle rencontre Frantz Fanon et Mohamed Sahnoun. « L'entente fut immédiate », confie-t-elle, avant de rejoindre la mission new-yorkaise du FLN aux Nations unies, alors dirigée par Abdelkader Chanderli.

Installée à Alger dès 1962, elle devient l'une des rares traductrices qualifiées d'un pays presque dépourvu de cadres, travaillant notamment pour Bouteflika. La capitale algérienne accueille alors les délégations du Vietcong, de l'ANC ou du Frelimo, résumées par la formule prêtée à Amílcar Cabral : « Les révolutionnaires vont à Alger. » Mokhtefi y sert d'interprète aux Black Panthers d'Eldridge Cleaver et épouse en 1972 l'ancien combattant Mokhtar Mokhtefi. Après avoir refusé d'informer les services algériens sur une proche, elle est expulsée en 1974 et bannie 44 ans durant. 

Revenue en 2018 pour la publication de ses mémoires, elle assiste à l'éclosion du Hirak, qu'elle qualifie de « deuxième révolution ». En décembre 2025, honorée à Alger pour ses 97 ans, elle apprend qu'un décret présidentiel lui accordera la nationalité algérienne, officialisé en juillet 2026, quelques semaines avant sa mort.

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