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L'Église de France, façonnée par l'apport spirituel de ses fidèles africains
Selon l'abbé Noël Mpati, aumônier des Congolais de Paris, la diaspora n'a pas transformé l'Église française, elle lui a offert sa culture, dans une liturgie restée « une »
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=-cDE1hqYah4

(AfriquesPlus) - À quelques jours de l'arrivée du pape Léon XIV en France, la ferveur monte du côté de la communauté catholique congolaise de la capitale. Reportage de TV5 Monde au cœur de l'église Saint-Bernard de la Chapelle, dans le 18e arrondissement parisien, où se célèbre chaque dimanche une messe en lingala selon le rite zaïrois.

Chaque semaine, les fidèles de la diaspora se retrouvent dans ce lieu de culte pour un office porté par le chant, la danse et une gestuelle propre à la culture congolaise, un rite validé par le Vatican il y a plus d'un demi-siècle. À l'approche du voyage papal, la célébration prend une résonance particulière : les paroissiens se disent dans un état d'« enthousiasme impatient » à l'idée de prier avec le souverain pontife.

Créée en 2017, l'aumônerie catholique congolaise de Paris s'organise activement pour les trois jours de visite. Selon les informations rapportées par la journaliste Lola Colomba et le journaliste Yan Genot pour TV5Monde, une cinquantaine de jeunes fidèles originaires de RDC, certains venus spécialement de France et du Royaume-Uni, doivent se retrouver à l'église Saint-Bernard la Chapelle avant de participer aux temps forts de la visite : une veillée avec le pape, une messe en plein air et un office propre à l'aumônerie.

Parmi eux, une jeune femme prénommée Blada a été choisie pour porter une offrande au pape lors de la cérémonie prévue place de la Concorde. Elle confie ressentir une « lourde responsabilité », se voyant investie de la mission de porter les intentions de prière non seulement pour elle-même, mais pour l'ensemble de la communauté congolaise installée en France, un pays qu'elle décrit comme « déchiré » et en quête de paix. Le reportage de TV5Monde rappelle à cette occasion que le pape François, lors de son voyage apostolique à Kinshasa, avait pris position contre la guerre dans l'est de la RDC et le pillage des ressources naturelles du pays. Une situation qui, plus de trois ans après, demeure inchangée.

Interrogé en plateau sur cette séquence, l'abbé Noël Mpati, aumônier des Congolais de Paris, nuance l'idée d'une transformation du visage des églises françaises par les catholiques africains. Il préfère parler d'un apport culturel. Pour lui, la diaspora n'a pas changé l'Église de France, elle lui a offert sa culture, dans la continuité d'une Église qu'il décrit comme fondamentalement « une », qu'elle soit pratiquée en France ou en Afrique.

L'abbé retrace la genèse du rite zaïrois, un processus entamé au sortir du Concile Vatican II dans les années 1970, entériné par le Saint-Siège une décennie plus tard. Il souligne que le pape François lui-même l'a célébré à trois reprises, deux fois au Vatican pour les diocèses congolais, et une fois lors de son déplacement à Kinshasa.

Sur la question d'un possible basculement du centre de gravité du catholicisme vers l'Afrique, l'abbé Mpati se montre prudent, rappellant que l'évangélisation du continent est historiquement venue de missionnaires occidentaux, mais reconnaît que la pratique religieuse y progresse quand elle recule en Europe, pointant notamment le poids démographique croissant de l'Afrique dans la géographie du catholicisme mondial.

À l'approche de la venue de Léon XIV dans une Église de France désormais marquée par cette diversité, l'abbé dit attendre du pontife américano-péruvien « la parole de foi, la parole d'espérance et la parole de la charité », pour, selon ses mots, construire « une humanité magnifique ».

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