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Namibie : plus de 1 200 tonnes de prises accessoires suscitent des interrogations
En Namibie, plus de 1 200 tonnes de ressources marines auraient été enregistrées comme prises accessoires par deux chalutiers. Révélée par The Namibian, cette donnée n’a pas encore été authentifiée par les autorités.
 

(Afriquesplus)- Plus de 1 200 tonnes de ressources marines auraient été enregistrées comme prises accessoires par deux chalutiers congélateurs opérant dans la pêche au chinchard en Namibie. Le chiffre, issu de documents internes d’une entreprise de pêche, suscite des interrogations alors que les autorités cherchent à renforcer le contrôle des prises non ciblées.

Selon le journal namibien The Namibian, qui a consulté les registres de stocks de Scombrus Fishing, les navires Joka 2 et Omeya Blu auraient enregistré ensemble 1 233 821 kg de ressources marines sur une période de 30 jours. Le Joka 2 aurait comptabilisé 575 430 kg et l’Omeya Blu 658 391 kg.

Les documents, établis le 17 juillet, recensent plusieurs espèces, notamment le merlu, le maquereau, les sardines, les grondins, le jacopever, le ribbonfish et le snoek. Toutefois, The Namibian souligne que ces données ne permettent pas, à elles seules, de déterminer si toutes les espèces mentionnées doivent effectivement être considérées comme des prises accessoires, le chinchard constituant l’espèce ciblée par cette activité de pêche.

Surtout, le ministère namibien de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Eau et de la Réforme foncière n’a pas été en mesure d’authentifier les registres de Scombrus Fishing. Son porte-parole, Romeo Muyunda, a indiqué que les services du ministère ne disposaient pas encore d’éléments permettant de confirmer ces informations.

Des prises accessoires qui restent importantes

Au-delà de ce cas particulier, les chiffres officiels témoignent de l’importance du phénomène dans le secteur halieutique namibien. Selon les données du ministère, 52 052 tonnes de prises accessoires ont été enregistrées en 2025, contre 57 110 tonnes en 2024.

En 2025, le merlu représentait la principale composante de ces prises, avec 17 688 tonnes, devant le maquereau, avec 17 044 tonnes. Les sardinelles, comptabilisées sous l’appellation de pilchards dans les statistiques ministérielles, représentaient pour leur part 11 016 tonnes.

Face à cette situation, le gouvernement namibien envisage de renforcer le dispositif réglementaire. La ministre de la Pêche, Inge Zaamwani, a notamment proposé en juin de porter la taxe appliquée aux prises accessoires de 15 % à 50 % de leur valeur débarquée.

Le ministère envisage également d’introduire des seuils spécifiques pour chaque espèce et de prévoir la confiscation des prises dépassant les limites autorisées.

Les professionnels demandent des bases scientifiques

Les organisations du secteur de la pêche se montrent toutefois réservées face à ces propositions. La Confédération des associations namibiennes de pêche estime que les mesures envisagées pourraient accroître fortement la pression financière sur les opérateurs.

Son président, Matti Amukwa, affirme que le secteur soutient le contrôle et la durabilité des activités de pêche, tout en demandant davantage de concertation avec les autorités. Les professionnels souhaitent également que les limites de prises accessoires soient établies sur la base d'évaluations scientifiques.

Dans ce contexte, les registres attribués à Scombrus Fishing relancent le débat sur le volume des ressources non ciblées capturées par certains navires. À ce stade, toutefois, le chiffre de 1 233 tonnes demeure une donnée issue des documents de l'entreprise et n'a pas été authentifié de manière indépendante par le ministère namibien.

 

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