(AfriquesPlus) - Le Burkina Faso a plaidé mercredi pour une réforme de l’architecture financière internationale et une réduction des inégalités entre les nations, estimant que le droit au développement reste limité par les déséquilibres économiques, les problèmes sécuritaires et les ingérences.
Prenant la parole lors d’une réunion de haut niveau organisée à l’occasion du 40e anniversaire de la Déclaration des Nations unies de 1986 sur le droit au développement, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a défendu un modèle de développement fondé sur une plus grande autonomie économique. Dans une dépêche publiée le 24 septembre 2026, APAnews rapporte que le ministre a notamment appelé à promouvoir un développement « endogène, souverain et durable ».
Le chef de la diplomatie burkinabè a cité l’évolution de la production céréalière et de la croissance économique pour illustrer, selon lui, les résultats de cette orientation. « En trois ans, la production céréalière est passée de 5,1 à 7,15 millions de tonnes, tandis que la croissance économique a atteint 5,3 % en 2025 », a-t-il déclaré, attribuant ces performances à une politique fondée sur « l’action, la résilience et la dignité ».
Pour Ouagadougou, cette stratégie passe notamment par le renforcement de la production et de la transformation locales des ressources. Le gouvernement entend également développer les capacités nationales afin de réduire la dépendance du pays à l’égard de l’extérieur.
Karamoko Jean Marie Traoré a par ailleurs défendu la position des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES), en affirmant que ces États assument « pleinement leur responsabilité de protéger leurs peuples et leurs territoires ». Il a appelé à ce que les questions relatives aux droits humains soient examinées sur la base de « la vérité des faits, de l’impartialité, du contradictoire et de l’égalité de traitement ».
Le ministre a également critiqué ce qu’il considère comme une utilisation politique de certains mécanismes de la justice internationale. Il a inscrit cette position dans le contexte du retrait engagé par les États membres de l’AES du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Au-delà des questions judiciaires et sécuritaires, le Burkina Faso considère que les conditions financières internationales constituent également un obstacle au développement des pays du Sud. Ouagadougou plaide ainsi pour une réforme de l’architecture financière mondiale, une fiscalité plus équitable et un renforcement des capacités productives nationales.
Le ministre burkinabè a enfin cité le terrorisme, les ingérences ainsi que les atteintes à la souveraineté et à l’intégrité territoriale parmi les facteurs qui, selon son gouvernement, entravent le développement.
Pour Karamoko Jean Marie Traoré, donner une portée plus concrète au droit au développement permettrait de contribuer à la construction d’un ordre international « plus juste, plus stable et plus prospère ».