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Abuja ouvre son secteur des minerais critiques aux investisseurs américains
Un accord signé à New York doit faciliter l’accès des entreprises américaines aux ressources minières nigérianes, alors que le Nigeria cherche à attirer des investissements, développer la transformation locale et réduire sa dépendance au pétrole.
 

(AfriquesPlus) - Le Nigeria et les États-Unis ont signé un accord-cadre destiné à faciliter l’arrivée de capitaux américains dans le secteur minier nigérian, alors qu’Abuja cherche à mieux exploiter des ressources dont le potentiel est estimé à 700 milliards de dollars.

L’accord a été signé mercredi 24 septembre 2026 à New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, par le ministre nigérian du Développement des minerais solides, Dele Alake, et le secrétaire d’État adjoint américain, Christopher Landau. Sika Finance a rapporté la signature le même jour à 16h59, dans un article de Claude Paul Tjeg.

Le texte couvre plusieurs domaines, notamment les données géologiques, l’exploration, le développement et la transformation des minerais, mais aussi les infrastructures et la formation technique. Selon les informations rapportées par Sika Finance, citant Reuters, l’objectif est notamment de faciliter l’accès des entreprises américaines aux ressources minières nigérianes.

Cette coopération intervient alors que Washington cherche à sécuriser ses approvisionnements en minerais nécessaires à plusieurs secteurs industriels, notamment les véhicules électriques et les infrastructures liées aux énergies renouvelables. Elle s’inscrit également dans une concurrence accrue entre les États-Unis et la Chine pour l’accès aux ressources stratégiques du continent africain.

Les entreprises chinoises figurent déjà parmi les principaux investisseurs étrangers présents dans l’industrie émergente du lithium au Nigeria. La compétition entre les deux puissances s’observe également en République démocratique du Congo, où Washington cherche à renforcer sa présence dans un secteur minier largement dominé par les intérêts chinois.

Pour Abuja, l’enjeu ne se limite toutefois pas à attirer des investisseurs étrangers. Le gouvernement nigérian veut également réduire les exportations de minerais bruts et développer leur transformation sur le territoire national, afin de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée et de créer des emplois qualifiés.

Le lithium, l’étain, le tantale et le niobium figurent parmi les ressources identifiées comme stratégiques pour les chaînes industrielles mondiales. Leur importance augmente avec le développement des batteries, de l’électronique, des technologies énergétiques et de certains équipements de défense.

Le développement de cette filière représente aussi un enjeu de diversification pour la première économie d’Afrique, dont les recettes d’exportation restent fortement liées au pétrole. Le gouvernement nigérian cherche ainsi à faire des minerais solides une nouvelle source de revenus et d’activité industrielle.

L’accord signé avec Washington ne prévoit cependant pas encore d’investissements américains précis ni l’attribution de projets miniers déterminés. Il doit plutôt servir de cadre pour identifier des projets viables, mobiliser des financements et favoriser des partenariats entre entreprises nigérianes et américaines.

Pour Abuja, la prochaine étape sera donc de traduire cet accord en projets concrets, avec l’objectif d’augmenter la production minière, développer la transformation locale et accroître la valeur créée au Nigeria. La capacité du pays à attirer les investissements tout en développant ses propres capacités industrielles sera déterminante pour tirer davantage parti de ses ressources minières.

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