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L'exil sans retour de l'opposant guinéen Sidya Touré
Chassé de ses propriétés à Conakry, il n'aura jamais revu son pays. L'ex-Premier ministre guinéen et opposant à la junte de Mamadi Doumbouya, s'est éteint vendredi 25 septembre à Paris
 

(AfriquesPlus) - Premier ministre réformateur devenu adversaire acharné de trois régimes successifs, cette figure centrale de la scène politique guinéenne s'est éteinte en exil, sans avoir pu revoir le pays qu'elle rêvait de retrouver. Sidya Touré est mort ce vendredi 25 septembre à Paris, à 81 ans, après avoir été évacué en urgence d'Abidjan où il vivait en exil depuis 2022.

Selon un portrait publié par Jeune Afrique le 26 septembre 2026, Sidya Touré avait entamé sa carrière en Côte d'Ivoire, pays où il est né et où il occupa notamment le poste de directeur de cabinet d'Alassane Ouattara, alors Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny. Ce n'est qu'en 1996 que Lansana Conté, séduit par sa passion commune pour l'agriculture, le nomme Premier ministre de Guinée à la suite d'une révolte militaire. En trois ans à ce poste non prévu par la Constitution, il redresse l'économie en renouant avec l'Union européenne et le FMI, assainit la fonction publique et rétablit l'eau et l'électricité dans les foyers. 

Devenu chef de l'Union des forces républicaines (UFR) en 2000, il se lance dans une course au pouvoir qui, face à Alpha Condé puis Mamadi Doumbouya, ne cessera de lui échapper, jusqu'à être écarté de la présidentielle de décembre dernier pour des raisons administratives et judiciaires. Selon Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l'UFR, cité par Jeune Afrique, « la junte a tout fait pour l'exclure, à commencer par cette Constitution taillée sur mesure ».

Expulsé en février 2022 de sa maison du quartier huppé de Minière à Conakry, Sidya Touré s'était réinstallé à Abidjan, dans une villa cossue du quartier des Deux-Plateaux, à Cocody. « Heureusement qu'il y a construit une maison », se réjouissait alors Saïkou Yaya Barry, rappelant tout ce que l'ancien Premier ministre avait perdu en Guinée, dont une usine d'allumettes rachetée à l'État pour 6 millions de dollars, empêchée de tourner puis démantelée. 

Selon une source de JA, il était devenu proche du président ivoirien Alassane Ouattara : « Il travaille pour le chef de l'État ivoirien et a des véhicules de la présidence à sa disposition. » Toujours à la tête de l'UFR, réélu en mai 2025, il continuait de piloter son parti à distance, tout en se voyant refuser son inscription sur le fichier électoral et le renouvellement de son passeport. En octobre dernier encore, Saïkou Yaya Barry assurait qu'il vivait cette attente « en paix » : « Quand les choses vont s'arranger, il va rentrer chez lui. Il aime la Guinée et souhaiterait y passer sa vie. » Il n'en aura pas eu l'occasion.

 

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