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Niger, Zeine accuse des puissances étrangères de chercher à déstabiliser le Sahel
Le Premier ministre nigérien a également défendu la souveraineté de son pays, présenté l’AES comme un processus irréversible et dénoncé les ingérences étrangères, tout en affirmant que Niamey restait ouvert à la coopération internationale.
 

(AfriquesPlus) - Le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a accusé samedi des puissances étrangères de chercher à déstabiliser le Niger et, plus largement, le Sahel. S’exprimant à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU), il a affirmé que les violences dans la région étaient liées, selon lui, aux convoitises suscitées par ses ressources naturelles.

Dans une dépêche publiée le 26 septembre 2026, APAnews rapporte que le chef du gouvernement nigérien a rejeté l’idée selon laquelle la crise sahélienne serait uniquement liée à des rébellions armées, à des conflits religieux ou aux faiblesses internes des États. Il a plutôt dénoncé une entreprise de « récolonisation » visant, selon lui, à contrôler les richesses de la région.

Ali Mahamane Lamine Zeine a notamment évoqué l’uranium du Niger, l’or du Mali et du Burkina Faso, ainsi que le lithium, le gaz et le pétrole. Il a directement mis en cause la France et l’Ukraine, affirmant que des groupes qu’il présente comme leurs « proxys » seraient présents aux frontières nord-est du Niger et se prépareraient à attaquer des positions militaires et des installations pétrolières.

« Ces proxys sont armés, guidés, conduits sur le point d’attaquer nos positions militaires et nos installations du pétrole », a déclaré le Premier ministre, assurant que les forces nigériennes leur opposeraient une réponse.

Le chef du gouvernement a également accusé la France d’avoir, avec la « complicité active de l’Ukraine », participé à une entreprise de déstabilisation du Sahel central. Il a toutefois affirmé que le Niger ne recherchait « l’affrontement avec aucun pays » et demeurait disposé à coopérer sur le plan sécuritaire, à condition que ses intérêts stratégiques et sa souveraineté soient respectés.

L’AES présentée comme un processus irréversible

Ali Mahamane Lamine Zeine a par ailleurs défendu le processus d’intégration engagé par le Burkina Faso, le Mali et le Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il a qualifié cette dynamique d’« irréversible » et réaffirmé que la souveraineté des trois pays n’était pas négociable.

Il a rappelé la signature de la Charte de l’AES le 16 septembre 2023 à Bamako et la création de la Confédération des États du Sahel le 6 juillet 2024 à Niamey. Parmi les réalisations citées figurent notamment une force unifiée, une banque confédérale d’investissement, un passeport biométrique commun et les premières sessions du Parlement confédéral, tenues à Niamey du 26 au 29 août 2026.

Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a également évoqué l’attaque survenue dans la nuit du 28 au 29 août contre les institutions nigériennes. Il a indiqué que des investigations étaient en cours afin d’établir les circonstances de cette tentative ainsi que les responsabilités et éventuels soutiens internes et externes. Niamey se réserve, selon lui, la possibilité de saisir les mécanismes compétents prévus par la Charte des Nations unies et le droit international.

Le Premier ministre nigérien a aussi abordé la situation au Moyen-Orient. Il a exprimé la préoccupation de son pays face à la situation à Gaza, appelé à la protection des civils et à un accès humanitaire sans entrave, tout en réaffirmant son soutien à une solution à deux États permettant à Israël et à la Palestine de vivre côte à côte « dans la paix, la sécurité et la dignité ».

Niamey revendique le contrôle de ses ressources

Sur le plan diplomatique, Ali Mahamane Lamine Zeine a plaidé pour une réforme de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU. Il a notamment déploré l’absence de siège permanent africain, 81 ans après la création de l’Organisation des Nations unies.

Le chef du gouvernement a également mis en avant les performances économiques du Niger. Il a fait état d’une croissance de 7 % en 2025, qu’il a notamment attribuée au pétrole et à l’agriculture, ainsi que d’un recul de l’inflation, passée selon lui de 9,1 % en 2024 à 4,7 %.

Concernant les ressources naturelles, Ali Mahamane Lamine Zeine a affirmé que le Niger avait repris le contrôle de ses richesses et entendait commercialiser son uranium sur le marché international, dans le respect de ses obligations en matière de non-prolifération nucléaire. Il a cité l’Algérie, le Togo, la Türkiye, le Maroc, la Russie et la Chine parmi les partenaires de Niamey.

Le Premier ministre a enfin réaffirmé le droit du Niger à choisir librement ses partenaires internationaux. Il a déclaré que les relations extérieures de son pays devaient être fondées sur « l’égalité, la réciprocité et l’intérêt mutuel », en concluant que ce droit souverain « ne se négocie pas ».

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