(AfriquesPlus) - L’ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar a mis en question le niveau d’endettement du Nigeria, alors que les recettes publiques progressent et que les cours du pétrole se maintiennent au-dessus de l’hypothèse retenue dans le budget. Dans un article publié ce samedi 26 septembre par BusinessDay, Atiku demande notamment des explications sur l’utilisation des ressources supplémentaires dégagées par les réformes économiques du gouvernement de Bola Tinubu.
Selon les chiffres cités par l’ancien vice-président, les emprunts du gouvernement fédéral sur le marché intérieur auraient atteint 24 700 milliards de nairas entre janvier et août 2026, contre 12 980 milliards sur la même période en 2025. Cela représente une progression de 90,5 %, alors même que les recettes nominales de l’État ont augmenté.
Atiku souligne également que le budget fédéral avait été construit sur une hypothèse de prix du pétrole de 64,85 dollars le baril. Or, les cours du brut se sont établis à des niveaux sensiblement supérieurs à cette référence en 2026. Il estime que cette situation devrait permettre au gouvernement de réduire sa dépendance à l’emprunt ou, à tout le moins, de préciser davantage l'affectation des ressources supplémentaires.
L’ancien vice-président établit un lien entre cette situation et les réformes engagées par l’administration Tinubu, notamment la suppression de la subvention sur les carburants et l’unification du marché des changes. Selon lui, ces mesures ont contribué à accroître les recettes publiques et devraient rendre plus lisible l’utilisation des économies et des revenus additionnels générés.
Cette critique intervient alors que les données officielles sur la dette continuent d’évoluer. Le Debt Management Office (DMO) a publié le 25 septembre les données relatives à la dette publique totale du Nigeria à fin juin 2026.
La présidence nigériane avait déjà contesté, en août, plusieurs critiques similaires formulées par Atiku. Dans une réponse officielle, elle avait soutenu que l’analyse de l’ancien vice-président reposait sur des données dépassées et que l’évolution de la dette devait être appréciée parallèlement à la croissance économique, aux recettes publiques et au coût du service de la dette.
Le débat porte notamment sur l’ampleur des ressources supplémentaires effectivement disponibles pour l’État grâce à la hausse des cours du pétrole. La présidence a souligné que l’augmentation du prix du brut était en partie compensée par une production inférieure aux prévisions budgétaires, ainsi que par d’autres facteurs liés aux contrats pétroliers et au coût de production.
Au-delà du niveau absolu de la dette, la question porte donc sur la capacité du Nigeria à accroître durablement ses recettes et à maîtriser le coût de son endettement. Atiku réclame davantage de transparence sur l’utilisation des ressources publiques, tandis que le gouvernement met en avant l’amélioration de certains indicateurs macroéconomiques depuis le lancement de ses réformes.