(AfriquesPlus) - Dans une analyse publiée le 28 septembre 2026 par The African Mirror, Jovial Rantao, rédacteur en chef du média, dresse le bilan de la participation africaine à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Il souligne la convergence inhabituelle des positions défendues par plusieurs chefs d’État africains, malgré leurs divergences politiques et économiques. Du Kenya au Ghana, en passant par le Nigeria, le Zimbabwe, la Sierra Leone et l’Afrique du Sud, les dirigeants ont notamment dénoncé la marginalisation persistante du continent dans les instances internationales.
La réforme du Conseil de sécurité a constitué l’un des principaux points de convergence. António Guterres, William Ruto et John Mahama ont notamment souligné le décalage entre l’ordre international établi en 1945 et les réalités géopolitiques actuelles. Le Nigeria a, pour sa part, réclamé au moins deux sièges permanents pour l’Afrique, assortis d’un droit de veto, ainsi que cinq sièges non permanents. Toutefois, malgré ces prises de position, les négociations sur l’élargissement du Conseil n’ont pas débouché sur une avancée institutionnelle décisive. L’élection du Zimbabwe comme membre non permanent pour la période 2027-2028 constitue l’un des résultats concrets de cette séquence diplomatique.
Au-delà de la représentation politique, les dirigeants africains ont lié cette question aux difficultés économiques du continent. William Ruto a notamment dénoncé le poids du service de la dette, dans un contexte où l’endettement public mondial est estimé à 102 000 milliards de dollars. John Mahama a plaidé pour que le financement climatique prenne davantage la forme de dons plutôt que de prêts susceptibles d’aggraver l’endettement des pays bénéficiaires. Il a également défendu la justice réparatrice liée à la traite transatlantique des esclaves. De son côté, Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone, a mis en garde contre le risque de voir la transition énergétique reproduire les anciens rapports d’extraction, alors que les ressources minières africaines sont essentielles aux nouvelles technologies.
L’article relève néanmoins un contraste entre l’unité affichée sur la réforme des institutions mondiales et la place limitée accordée aux conflits africains dans les principaux discours. La guerre au Soudan et l’insécurité au Sahel ont été évoquées, mais la situation dans l’est de la République démocratique du Congo a suscité moins d’attention dans les interventions examinées. Parallèlement, plusieurs initiatives ont progressé, notamment le renouvellement du partenariat entre l’Union africaine et l’ONU et la poursuite des discussions sur les réparations historiques.
Pour Jovial Rantao, le principal acquis de cette session réside donc dans la coordination politique des dirigeants africains, davantage que dans des changements concrets de l’ordre international. Le continent a porté des revendications communes avec une visibilité accrue, mais la réforme du Conseil de sécurité, la réduction du coût du financement et la transformation des mécanismes de gouvernance mondiale restent en suspens. L’enjeu sera désormais de convertir cette convergence diplomatique en négociations et en décisions susceptibles de modifier durablement la place de l’Afrique dans les institutions internationales.