(AfriquesPlus) - Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a de nouveau accusé l’Ukraine d’ingérence et de soutien à des groupes armés opérant au Sahel, lors de son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies. Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une application sélective du droit international et critiqué le rôle des puissances étrangères dans les crises sécuritaires de la région.
Dans un article publié le 28 septembre 2026, Maliweb rapporte les déclarations du chef de la diplomatie malienne, qui affirme que l’Ukraine aurait réitéré au plus haut niveau son soutien à des groupes terroristes actifs au Sahel. Abdoulaye Diop a notamment fait référence à des déclarations ukrainiennes datant de 2024, année au cours de laquelle les relations entre Bamako et Kiev se sont fortement dégradées.
Le ministre malien a assuré que des « sources indépendantes » corroboreraient, selon lui, ces agissements. Il a également établi un lien entre ce qu’il présente comme un soutien extérieur aux groupes armés et plusieurs attaques survenues au Mali en 2026, notamment celles des 25 avril et 4 juillet. Ces affirmations sont présentées par Bamako comme la preuve d’une connexion entre différents acteurs impliqués dans l’instabilité sécuritaire de la région.
Les accusations maliennes contre Kiev remontent notamment à juillet 2024, après l’attaque de Tinzaouatène, dans le nord du Mali, contre les forces maliennes et leurs alliés russes. Le porte-parole du renseignement militaire ukrainien, Andriy Yusov, avait alors déclaré que les rebelles avaient reçu des informations nécessaires à leur opération. Ces déclarations avaient conduit Bamako à rompre ses relations diplomatiques avec l’Ukraine. Le Niger avait pris une décision similaire quelques jours plus tard.
À l’époque, les gouvernements du Mali, du Burkina Faso et du Niger avaient saisi le Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer ce qu’ils qualifiaient de soutien « ouvert et assumé » de l’Ukraine au terrorisme au Sahel. Dans leur lettre commune du 19 août 2024, les trois pays demandaient au Conseil de sécurité de prendre des mesures contre Kiev.
Bamako dénonce un « deux poids, deux mesures »
À New York, Abdoulaye Diop a élargi son propos à la gouvernance internationale. Il a dénoncé l’application « sélective » du droit international, le recours à la force et les politiques d’hégémonie et de domination, estimant que ces pratiques ont contribué à affaiblir la confiance dans les institutions internationales, y compris les Nations unies.
Le ministre malien a également critiqué la réponse de l’ONU aux crises du Sahel, qu’il juge trop souvent tardive. Selon lui, l’organisation intervient davantage comme observatrice une fois les crises installées que comme acteur capable de les anticiper et de les prévenir.
Abdoulaye Diop a enfin remis en cause les conséquences de l’intervention militaire de l’OTAN en Libye en 2011. Selon lui, cette opération a contribué à aggraver les crises sécuritaire, politique et humanitaire dans la région et à favoriser la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent.
Ces déclarations s’inscrivent dans le discours défendu depuis plusieurs années par les autorités maliennes et leurs partenaires de l’Alliance des États du Sahel, qui placent la souveraineté et la dénonciation des ingérences étrangères au cœur de leur politique extérieure. En 2024, les trois pays avaient déjà utilisé la tribune des Nations unies pour mettre en cause le rôle de Kiev dans les violences au Sahel.