Skip to main content
Les divisions africaines face aux privilèges des grandes puissances
La réforme du Conseil de sécurité des Nations unies se heurte non seulement aux résistances des puissances occidentales, mais aussi aux rivalités entre États africains
 

(AfriquesPlus) - La réforme du Conseil de sécurité des Nations unies se heurte non seulement aux résistances des puissances occidentales, mais aussi aux rivalités entre États africains. Dans une tribune, le professeur MarkAnthony Nze appelle les dirigeants du continent à assumer leurs responsabilités et à renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques.

Dans une tribune d’opinion publiée le 28 septembre 2026 par Africa Today News, New York, le professeur MarkAnthony Nze, dont le profil est associé au New York Research, critique les contradictions des dirigeants africains dans leur combat pour une réforme de la gouvernance mondiale. Intitulé « UN Hypocrisy: How African Leaders Sell Out A Continent », son texte soutient que l’influence limitée de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU s’explique à la fois par les privilèges institutionnels des cinq membres permanents et par les divisions internes au continent.

L’auteur rappelle que l’Union africaine réclame, depuis le consensus d’Ezulwini de 2005, deux sièges permanents assortis des mêmes prérogatives que ceux des membres actuels, y compris le droit de veto, ainsi que cinq sièges non permanents. Il souligne cependant que les désaccords entre des pays comme le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Égypte sur la répartition des futurs sièges permanents fragilisent cette revendication. Il critique également le maintien du droit de veto des cinq membres permanents, qui leur permet de bloquer toute réforme de la Charte nécessitant leur ratification.

MarkAnthony Nze élargit ensuite son analyse aux responsabilités des gouvernements africains dans la gestion des richesses du continent. S’appuyant notamment sur une estimation de la CNUCED publiée en 2020, selon laquelle les flux financiers illicites auraient fait perdre à l’Afrique environ 88,6 milliards de dollars par an entre 2013 et 2015, il dénonce les mécanismes de fuite des capitaux et le manque de transparence dans les contrats miniers et pétroliers. Il cite également l’affaire de corruption impliquant le groupe Glencore, qui a plaidé coupable aux États-Unis en 2022, pour illustrer la participation de certains acteurs locaux à ces pratiques.

La tribune aborde par ailleurs la responsabilité des élites politiques dans la dégradation des services publics, notamment au Nigeria, où les difficultés du système de santé et le départ de professionnels médicaux alimentent les inégalités. L’auteur appelle les personnalités influentes à accorder davantage d’attention aux conditions de vie des populations et à interpeller les responsables publics sur leurs obligations.

Pour sortir de l’impasse institutionnelle, MarkAnthony Nze invite les États africains à s’accorder sur leurs candidats aux sièges permanents et à envisager une stratégie collective de pression sur les Nations unies. Il évoque même l’éventualité d’un retrait concerté de l’organisation, tout en reconnaissant les conséquences potentiellement lourdes d’une telle décision pour les opérations de maintien de la paix et les programmes humanitaires dont dépendent plusieurs pays africains.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1462
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3