(AfriquesPlus) - Le Maroc prépare des soldats pour Gaza. L’Ouganda annonce vouloir en fournir. Le Somaliland propose également ses troupes, tandis que le Burundi étudie cette possibilité. Aucun calendrier de déploiement n’est pourtant arrêté et les conditions dans lesquelles ces militaires interviendraient restent incertaines. Ce décalage entre les engagements politiques et la réalité du terrain est au cœur d’une enquête d’Alexandre Aublanc et Benjamin Barthe, publiée par Le Monde le 29 septembre 2026.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé la création de la Force internationale de stabilisation (FIS) en novembre 2025 dans le cadre du plan américain pour Gaza. Elle doit notamment contribuer à la protection des civils, appuyer la police palestinienne et accompagner le désarmement des groupes armés. Ce cadre général laisse cependant ouvertes les questions décisives pour les soldats appelés à entrer dans l’enclave : où seront-ils déployés, avec quels moyens et selon quelles règles d’intervention ?
Rabat fait partie des premiers États associés à la force. Dans un rapport transmis au Conseil de sécurité en mai et cité par Le Monde, le Conseil de la paix — l’organe chargé de superviser la transition à Gaza — citait le Maroc parmi cinq pays ayant exprimé leur intention de fournir des militaires, avec l’Albanie, l’Indonésie, le Kazakhstan et le Kosovo.
L’Ouganda a également fait connaître sa volonté de participer. Son ministre des affaires étrangères, Adonia Ayebare, l’a confirmé après une réunion du Conseil de la paix à New York. Selon The Eastleigh Voice, Kampala envisage un contingent d’environ 1 200 militaires, après une autorisation donnée par son Parlement en août.
Le Somaliland, territoire qui a proclamé son indépendance de la Somalie mais dont le statut reste contesté, se dit prêt à fournir jusqu’à 2 000 soldats si les États-Unis ou Israël le sollicitent. Son président a lié cette disponibilité à une demande encore éventuelle. Le Burundi, de son côté, a étudié la possibilité d’une participation sans confirmer l’envoi de troupes.
Ces offres répondent aussi à des intérêts diplomatiques. Selon l’enquête du Monde, le Maroc peut y consolider ses relations avec Washington et Israël ; l’Ouganda, renforcer ses accès auprès des États-Unis ; le Somaliland, soutenir sa recherche de reconnaissance internationale. Le Burundi pourrait trouver dans une mission extérieure une source de financement pour son armée.
Le principal obstacle n’est pas seulement de réunir des soldats. Le plan prévoit que leur arrivée accompagne le transfert progressif de responsabilités à une administration palestinienne et le retrait par étapes de l’armée israélienne, en parallèle d’un désarmement vérifié du Hamas et des autres groupes armés. Dans son rapport de mai, le Conseil de la paix reconnaissait que la feuille de route négociée entre les parties n’était pas finalisée.
La FIS est censée protéger les civils et faciliter l’aide humanitaire ; elle pourrait aussi se retrouver exposée si les engagements des parties ne progressent pas au même rythme. Un diplomate occidental cité par Le Monde résume la faiblesse du projet en affirmant qu’il n’a « ni argent, ni troupes, ni légitimité ».