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Bloomfield réévalue le profil économique et financier du Mali
Bamako met en avant ses réformes, une croissance visée à 10 % d’ici 2033 et la maîtrise progressive de sa dette, alors que l’agence doit actualiser son appréciation dans un contexte marqué par l’insécurité et les contraintes de financement.
 

(AfriquesPlus) - L’agence Bloomfield Investment Corporation a engagé une nouvelle évaluation de la situation économique et financière du Mali, alors que Bamako met en avant ses réformes et vise une croissance de 10 % à l’horizon 2033.

Dans une dépêche publiée le 29 septembre 2026, l’Agence de presse africaine (APAnews) rapporte que Bloomfield Investment Corporation a lancé une nouvelle évaluation du profil économique et financier du Mali, à la demande des autorités maliennes.

Une délégation de l’agence, conduite par son directeur de mission Blanchard Tra Bi, a été reçue à Bamako par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.

Cette mission doit actualiser l’analyse de la situation économique, des finances publiques et du climat des affaires. Ses conclusions sont notamment destinées aux investisseurs, aux établissements financiers et aux acteurs intervenant sur le marché des titres publics.

Selon APAnews, lors de sa précédente revue, publiée en décembre 2025, Bloomfield avait maintenu la note du Mali à BBB pour les engagements à long terme et A3 pour le court terme, avec une perspective stable. Sur l’échelle régionale de l’agence, la note BBB relève de la catégorie investissement, tout en traduisant une sensibilité aux évolutions de l’environnement économique.

À Bamako, Blanchard Tra Bi a évoqué des « perspectives stables », malgré les contraintes sécuritaires et environnementales auxquelles le pays reste confronté. Le rapport définitif ainsi que la nouvelle décision de notation sont encore attendus.

Sur le plan macroéconomique, le gouvernement malien table sur une croissance réelle de 6,3 % en 2026 et vise un taux de 10 % à l’horizon 2033. Les prévisions des institutions internationales sont plus prudentes, avec une croissance attendue à 5,5 % en 2026 selon le Fonds monétaire international et à 5 % selon la Banque mondiale.

La Banque mondiale estimait la dette publique malienne à 42,3 % du PIB en 2025. Elle prévoit un recul à environ 41,1 % sur la période 2026-2027 et classe le Mali parmi les pays exposés à un risque modéré de surendettement.

Le projet de budget 2027 prévoit 3 866,635 milliards de francs CFA de recettes pour 4 462,646 milliards de dépenses, soit un déficit prévisionnel de 596,011 milliards de francs CFA. Ce déficit serait en baisse de 3,93 % par rapport aux 620,425 milliards prévus dans la loi de finances rectificative de 2026.

Le gouvernement mise notamment sur la réforme du Code minier, le développement du contenu local, la diversification des partenaires économiques et la mobilisation de la diaspora pour soutenir l’investissement. Bamako souhaite en particulier orienter davantage les capitaux de la diaspora vers des projets productifs et structurants.

La nouvelle évaluation devra également prendre en compte plusieurs risques pesant sur l’économie malienne, notamment l’insécurité, le coût de l’énergie, les perturbations des corridors commerciaux, le recul de la production aurifère et les difficultés d’accès au financement. La Banque mondiale estime toutefois que la reprise de l’activité minière, le lithium, l’agriculture et les télécommunications pourraient soutenir la croissance.

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