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Burkina Faso, quatre ans de pouvoir, le bilan contrasté d’Ibrahim Traoré
Les partisans du capitaine Traoré mettent en avant les efforts sécuritaires et les projets de développement. Mais la persistance des violences, les accusations d’atteintes aux droits humains soulèvent des interrogations sur son bilan.
 

(AfriquesPlus) - Quatre ans après son arrivée au pouvoir à la faveur du coup d’État du 30 septembre 2022, Ibrahim Traoré met en avant la souveraineté nationale, le renforcement de l’armée et les projets de développement au Burkina Faso. Mais si ses partisans saluent les changements engagés, des préoccupations persistent concernant la sécurité, la lutte contre la corruption, les libertés publiques et le respect des droits humains.

Dans un reportage publié le 1er octobre 2026, Africanews revient sur le bilan du régime à l’occasion des célébrations organisées à Ouagadougou. Des milliers de personnes ont participé à la « Nuit de la Révolution progressiste populaire », point d’orgue des festivités placées sous le slogan « Le peuple veille sur sa Révolution ».

Pour certains participants, ces quatre années ont été marquées par des avancées dans la lutte contre les groupes armés. Abdoul Sawadogo estime notamment que la création de nouvelles bases militaires et le développement des bataillons d’intervention rapide ont contribué à renforcer les capacités de l’armée burkinabè. Il salue également la modernisation de l’appareil militaire et les résultats revendiqués sur le terrain.

Le journaliste burkinabè Issouf Ouédraogo met, lui aussi, en avant les initiatives engagées dans plusieurs secteurs, notamment la sécurité, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’industrie et les infrastructures routières. Il cite notamment la création d’une usine de fabrication d’équipements militaires comme un signe de la volonté des autorités de réduire la dépendance du pays et de renforcer ses capacités nationales.

Toutefois, ces appréciations positives ne font pas disparaître les difficultés auxquelles le pays reste confronté. Issouf Ouédraogo relève des défis persistants en matière de lutte contre la corruption, de liberté d’expression et de respect des droits humains. Il appelle également à davantage d’équité dans l’accès à la justice et à une meilleure garantie des droits pour l’ensemble des Burkinabè.

Sur le plan sécuritaire, les autorités font état du retour de plus de 1,3 million de personnes déplacées internes dans leurs localités. Ce chiffre témoigne, selon elles, des efforts engagés pour restaurer la sécurité et permettre aux populations de retrouver leurs lieux de vie. Il ne suffit toutefois pas, à lui seul, à établir l’ampleur du rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, alors que la menace des groupes armés demeure un enjeu majeur.

Le débat sur le bilan d’Ibrahim Traoré dépasse par ailleurs les frontières burkinabè. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), sont confrontés à des défis sécuritaires similaires. Pour Issouf Ouédraogo, une coordination accrue entre ces pays est nécessaire pour répondre aux difficultés communes et replacer la justice et l’égalité au cœur de l’action publique.

Au terme de ces quatre années, le bilan du pouvoir burkinabè reste ainsi traversé par deux enjeux : les transformations revendiquées dans les domaines militaire et économique, d’une part, et les interrogations persistantes sur la sécurité, la gouvernance et les libertés, d’autre part. La capacité des autorités à apporter des réponses durables à ces défis demeure déterminante pour la suite de la transition.

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