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Wicknell Chivayo, le businessman des présidents dont la mort divise l’Afrique
Tandis que plusieurs présidents africains saluent la mémoire d’un proche, des internautes au Zimbabwe, au Kenya et en Tanzanie expriment leur rejet d’une figure associée à la fortune ostentatoire et aux réseaux du pouvoir
 

(AfriquesPlus) - La mort de Wicknell Chivayo, businessman zimbabwéen proche de plusieurs présidents africains, a déclenché une vague inhabituelle de réactions hostiles au Zimbabwe, au Kenya et en Tanzanie. Dans son décryptage, le journaliste de CNN Larry Madowo lie ces célébrations à l’image d’un homme omniprésent auprès du pouvoir, associé à une richesse ostentatoire, à des affaires controversées et à des privilèges jugés inaccessibles au plus grand nombre.

Wicknell Chivayo, 43 ans, et son épouse Lucy « Lulu » Muteke sont morts le 30 septembre 2026 dans le crash de leur hélicoptère près de Marondera, à environ 70 kilomètres à l’est de Harare. Les six occupants de l’appareil ont péri, selon la police zimbabwéenne. Les circonstances exactes de l’accident restent sous enquête.

La disparition du couple a immédiatement suscité des hommages officiels. Le président kényan William Ruto a présenté Chivayo comme un « cher ami », évoquant une perte douloureuse pour sa famille, ses proches et ceux qui l’avaient connu.

Pour Larry Madowo, la singularité de la réaction africaine tient au caractère extrêmement visible de Chivayo dans les cercles présidentiels. L’homme d’affaires s’affichait avec Emmerson Mnangagwa au Zimbabwe, William Ruto au Kenya, Samia Suluhu Hassan en Tanzanie, Bola Tinubu au Nigeria, Cyril Ramaphosa en Afrique du Sud, Hakainde Hichilema en Zambie ou encore Peter Mutharika au Malawi.

Au Kenya, cette proximité a particulièrement alimenté les critiques. Une vidéo devenue virale montrait William Ruto conduire personnellement Chivayo et son épouse vers un hélicoptère depuis sa résidence de Kilgoris. Ses accès répétés à la présidence avaient déjà suscité des questions de responsables de l’opposition, tandis que Chivayo faisait état d’un projet d’investissement de 200 millions de dollars dans le pays.

Les réactions les plus virulentes semblent venir du Zimbabwe, son pays d’origine. Une partie des internautes lui reproche d’avoir mis en scène voitures de luxe, montres, voyages et largesses envers des personnalités publiques proches de la Zanu-PF, le parti au pouvoir. Ses détracteurs associent cette fortune à un système de marchés publics opaque et à des réseaux politiques privilégiés.

Le projet solaire de Gwanda nourrit également le ressentiment. Chivayo avait obtenu ce marché il y a plus de vingt ans sans que le projet soit finalisé, selon les médias zimbabwéens. Pour des internautes célébrant sa mort, cette promesse non concrétisée est devenue le symbole d’enrichissements perçus comme déconnectés des difficultés sociales du pays.

Au Kenya, la visibilité de sa relation avec Ruto a fait de Chivayo une cible de la défiance envers les élites. En Tanzanie, ses rencontres avec la présidente Samia Suluhu Hassan et ses annonces autour de projets d’infrastructures, d’énergie et d’investissement ont également installé son nom dans le débat public.

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