(Afriquesplus)- Le Fonds souverain d’Angola (FSDEA) est autorisé à avancer jusqu’à 14 millions de dollars pour financer des études techniques, d’ingénierie et environnementales liées au projet de liaison routière entre le continent, l’île de Cazanga et l’île de Mussulo. L’information, rapportée par Angola Notícias et reprise par la presse économique angolaise, soulève des interrogations sur la conformité de cette opération avec le statut du Fonds.
Selon le décret présidentiel 370/26 du 25 septembre, les dépenses engagées par le FSDEA doivent être considérées comme des avances remboursables pour le compte de l’État. Elles concernent la préparation d’une infrastructure publique qui ne fait pas partie du projet immobilier de l’île de Cazanga.
Or, le statut du Fonds souverain, adopté en 2024, exclut de ses attributions l’octroi de crédits et la fourniture de garanties, sauf lorsqu’ils bénéficient à une filiale ou à une société dans laquelle le Fonds détient une participation, dans les limites prévues.
Une avance financée par le Fonds
Le dispositif retenu prévoit que le FSDEA anticipe, pour le compte de l’État, la contractualisation et le financement des études nécessaires au projet. Les montants engagés devront ensuite être remboursés par l’État.
Cette opération intervient dans le cadre d’un projet de développement de l’île de Cazanga, dont les contours ont évolué depuis son lancement initial en 2006. Le programme immobilier, aujourd’hui confié à Dubai Investments Park (DIP), prévoit notamment des logements, des hôtels, des infrastructures commerciales ainsi que des équipements de loisirs.
La décision présidentielle relance ainsi le débat sur les conditions dans lesquelles les ressources du Fonds souverain peuvent être mobilisées pour des opérations liées directement aux besoins de l’État.
Des terrains également attribués au Fonds
Un autre décret présidentiel, le 371/26 du 25 septembre, prévoit par ailleurs que le FSDEA devienne titulaire de terrains situés dans les zones anciennement occupées par les marchés de Roque Santeiro et Boa Vista, à Luanda.
Ces terrains doivent être destinés à des projets immobiliers présentant un intérêt public et économique, notamment dans les domaines du logement, des infrastructures et des espaces commerciaux, en conformité avec le Plan directeur de Luanda.
Le Fonds a indiqué qu’il communiquera ultérieurement sur la destination précise de ces espaces, une fois les procédures légales d’enregistrement et de transfert de propriété achevées.
Créé pour gérer des actifs destinés à générer des rendements à long terme, le FSDEA est une institution publique dotée d’une autonomie administrative, financière et patrimoniale.