(AfriquesPlus) - Christian Ehrhardt connaît le Cameroun de l'intérieur. Il y a été officier régional de sécurité, et le gouvernement camerounais l'a élevé en 2018 au rang de chevalier de l'Ordre de la Valeur. La Maison Blanche veut aujourd'hui en faire l'ambassadeur des États-Unis à Yaoundé, comme le révèlent Adam Taylor et David Nakamura dans le Washington Post du 29 septembre 2026.
Ce choix n'a rien d'anodin. Au département d'État, Christian Ehrhardt dirige l'Office of Remigration, la structure chargée d'organiser le renvoi de migrants vers des pays dont ils n'ont pas la nationalité.
Selon le quotidien américain, Washington a conclu ce type d'accords avec 35 pays, et plus de 25 000 personnes ont déjà été expulsées dans ce cadre. Le Cameroun y participe, s'étant engagé à accueillir jusqu'à 1 000 ressortissants d'autres pays. En échange, Washington verse 30 millions de dollars à l'Organisation internationale pour les migrations.
Le futur ambassadeur arriverait donc dans un pays qui applique déjà la politique qu'il a lui-même mise en place.
Le dispositif est pourtant fragilisé. Ce mois-ci, la cour d'appel fédérale du 1er circuit a jugé ces expulsions vers des pays tiers illégales et ordonné à l'administration de les suspendre immédiatement.
Les défenseurs des réfugiés dénoncent aussi le rôle personnel du diplomate. Shawn VanDiver, président de l'association AfghanEvac, l'accuse d'avoir transformé un bureau « créé pour protéger les réfugiés » en une opération qui propose des êtres humains « aux gouvernements prêts à les prendre ».