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Amílcar Cabral, l'héritage retrouvé
Du 16 octobre au 13 décembre, la Maison des Mondes Africains met en lumière la pensée du leader des indépendances de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert. Neuf artistes, des films et une riche programmation sont au rendez-vous
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=pCORs1uFZQM

(AfriquesPlus) - C'est dans un entretien accordé à France 24 que la directrice de Mansa, Élisabeth Gomis, a présenté l'exposition que l'institution parisienne consacre à Amílcar Cabral. Elle se tiendra du 16 octobre au 13 décembre, accompagnée d'une programmation de rencontres, de débats d'idées, de projections, de concerts et de performances.

Pour Élisabeth Gomis, le choix de Cabral tient à un constat : parmi les figures des indépendances africaines, il lui semble être celui dont l'héritage a été le moins bien transmis en France. Les territoires lusophones restent en effet peu familiers du public français. L'exposition veut donc remettre sur le devant de la scène un penseur dont les théories ont, selon la directrice, nourri bien d'autres dirigeants, au premier rang desquels le Burkinabè Thomas Sankara.

Le parcours se veut volontairement « plurielle », selon les mots de la responsable. Il réunit textile, photographie, vidéo et dessin, à travers les œuvres de neuf artistes issus des mondes africains lusophones, mais aussi du Sénégal. L'idée est de ne pas se limiter à une exposition de photographies : le visiteur traverse la pensée de Cabral à travers plusieurs matériaux et disciplines, chacun pouvant entrer par la porte qui lui parle le plus.

L'événement rend également hommage à la cinéaste Sarah Maldoror, pionnière du cinéma sur le continent, dont trois courts-métrages sont présentés. Mariée à Mário de Andrade, elle avait accompagné les luttes d'indépendance. Élisabeth Gomis y voit un double hommage et une manière de rappeler que les femmes étaient au cœur du projet de Cabral, des infirmières du maquis jusqu'aux capitaines de la lutte armée.

Cette exposition s'inscrit dans les premiers pas d'une institution encore jeune. Ouverte les 3 et 4 octobre 2025, Mansa approche de son premier anniversaire. Sa directrice rappelle qu'elle a accueilli 25 000 visiteurs en trois mois, alors qu'elle n'ouvrait que du mardi au dimanche, et seulement l'après-midi. Elle y voit la preuve d'un manque que le lieu est venu combler. Son ambition est de devenir une porte d'entrée vers les cultures africaines et afrodiasporiques, sans prétendre en être le centre.

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