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Huile de palme, la Malaisie mise sur la durabilité et de nouveaux marchés
À l’ouverture du Forum malaisien de l’huile de palme 2026, mercredi à Kuala Lumpur, la ministre des Plantations et des Commodités, Datuk Seri Dr. Noraini Ahmad, a appelé la filière à s’adapter aux mutations du commerce mondial.
 

Kuala Lumpur (AfriquesPlus) – La Malaisie veut renforcer la compétitivité de son industrie de l’huile de palme face aux changements du commerce mondial. À l’ouverture du Forum malaisien de l’huile de palme 2026, mercredi 7 octobre à Kuala Lumpur, la ministre des Plantations et des Commodités, Datuk Seri Dr. Noraini Ahmad, a appelé la filière à améliorer sa productivité, soutenir ses petits producteurs, renforcer ses pratiques durables et créer davantage de valeur.

Placée sous le thème « Une croissance durable à l’ère du réalignement géopolitique », la rencontre intervient dans un contexte marqué par l’évolution des politiques commerciales, les perturbations des routes maritimes et le changement des exigences des marchés. Pour la ministre, ces mutations imposent à l’industrie malaisienne de s’adapter et de mieux anticiper les besoins de ses partenaires commerciaux.

La filière conserve un poids majeur dans l’économie du pays. En 2025, la Malaisie a produit 20,28 millions de tonnes d’huile de palme brute, un niveau record en hausse de 4,9 % par rapport à 2024. Les exportations d’huile de palme et de produits à base de palmier ont généré environ 28,1 milliards de dollars cette année-là. Sur les sept premiers mois de 2026, la production d’huile de palme brute a atteint 10,8 millions de tonnes, tandis que les exportations ont dépassé 9,1 millions de tonnes, en progression d’environ 10 %.

Mais pour Noraini Ahmad, l’objectif ne doit pas se limiter à produire davantage. « Nous devons produire mieux, créer plus de valeur et faire en sorte que l’industrie reste forte à l’avenir », a-t-elle déclaré.

Améliorer la productivité des petits producteurs

La ministre a particulièrement insisté sur la place des petits producteurs dans l’avenir de la filière. Environ 450 000 petits planteurs gèrent près de 27 % des surfaces plantées en palmier à huile en Malaisie, soit près de 1,5 million d’hectares. Pour nombre d’entre eux, cette activité constitue la principale source de revenus.

Le gouvernement entend poursuivre son soutien à travers l’accès à de meilleurs plants, la formation aux bonnes pratiques agricoles et des aides financières. Il encourage également les petits producteurs à se regrouper afin de faciliter leur accès aux services, d’améliorer la gestion de leurs exploitations et d’accroître leur productivité.

« Lorsque la productivité s’améliore, ce n’est pas simplement un meilleur chiffre dans un bilan. Cela signifie un meilleur revenu et une meilleure vie pour une famille », a souligné la ministre.

La certification malaisienne pour une huile de palme durable, connue sous le sigle MSPO, constitue également un élément important de cette politique. Elle couvre notamment la protection de l’environnement, l’utilisation des terres, la traçabilité et les pratiques responsables.

Pour la ministre, les petits producteurs doivent être pleinement associés à cette évolution. « Vous n’êtes pas en dehors de l’avenir de cette industrie, vous faites partie de cet avenir », leur a-t-elle lancé.

La deuxième priorité avancée par Kuala Lumpur concerne la transformation. La Malaisie veut tirer davantage de valeur de chaque tonne d’huile de palme produite en développant les activités industrielles en aval.

La ministre a notamment cité les graisses spéciales, les produits oléochimiques et les ingrédients à base de palmier destinés à l’alimentation, aux soins personnels et à l’industrie. Elle a appelé les entreprises à travailler davantage avec les acheteurs afin de mieux comprendre leurs besoins et de développer des produits répondant à leurs exigences en matière de qualité, de régularité et de performance.

La recherche doit également, selon elle, être davantage connectée aux besoins de l’industrie. « La recherche ne doit pas s’arrêter au laboratoire », a-t-elle affirmé, appelant à une coopération plus étroite entre entreprises, chercheurs, investisseurs et partenaires commerciaux.

La durabilité comme condition de la confiance

La ministre a également placé la durabilité au cœur de l’avenir de la filière. Les acheteurs ne s’intéressent plus seulement au prix et à la qualité, mais veulent connaître l’origine des produits, leurs conditions de production et les garanties apportées en matière de responsabilité environnementale.

Dans ce contexte, le système de certification MSPO doit permettre de fournir un cadre commun aux acteurs de la filière. La Malaisie entend continuer à le renforcer tout en accompagnant les producteurs et les petits planteurs dans sa mise en œuvre.

Pour Noraini Ahmad, l'objectif est de faire en sorte que l'huile de palme malaisienne soit associée à la qualité, à la responsabilité et à la fiabilité. « La confiance ne peut pas être exigée ; elle doit être gagnée », a-t-elle déclaré.

La Malaisie veut également développer la valorisation de la biomasse issue de la production d’huile de palme. Régimes de fruits vides, fibres, coques de palmiste et effluents des huileries peuvent être utilisés pour produire de l’énergie, du biogaz, du biochar et d’autres produits à valeur ajoutée.

Certaines huileries utilisent déjà la biomasse pour produire la vapeur et l’électricité nécessaires à leurs activités. Le gouvernement souhaite désormais développer davantage les possibilités commerciales liées à ces ressources.

Pour la ministre, ce qui était auparavant considéré comme un déchet peut ainsi devenir une nouvelle source de revenus pour l’industrie, tout en contribuant aux objectifs de la Malaisie en matière d’énergies renouvelables et d’utilisation efficace des ressources.

Diversifier les marchés

Cette transformation de la filière doit aussi s’accompagner d’une diversification des débouchés. Face aux évolutions des droits de douane, des réglementations et des chaînes d’approvisionnement, la Malaisie entend renforcer ses marchés traditionnels et rechercher de nouvelles opportunités.

Noraini Ahmad a notamment cité l’Afrique, l’ASEAN, le Moyen-Orient et d’autres régions. « Un marché plus large donne à notre industrie une plus grande résilience », a-t-elle expliqué.

Elle a également appelé les entreprises présentes sur ces marchés à faire remonter leurs expériences et leurs besoins afin d’aider le gouvernement à identifier les opportunités et les domaines dans lesquels un soutien public pourrait être nécessaire.

Au terme de son intervention, la ministre a résumé la direction donnée à l’industrie : améliorer la productivité, soutenir les petits producteurs, encourager l’innovation, développer des produits à plus forte valeur ajoutée, renforcer la durabilité et ouvrir de nouveaux marchés.

Pour Noraini Ahmad, ces objectifs constituent les différentes composantes d’une même ambition : construire une industrie malaisienne de l’huile de palme « plus forte et plus compétitive », capable de s’adapter aux transformations du marché mondial.

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