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Québec, le retour des indépendantistes sur fond de droitisation
 

(AfriquesPlus) - Le scrutin québécois du 5 octobre dessine un nouveau rapport de forces à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon arrive en tête avec 28 % des suffrages et s’apprête à former un gouvernement minoritaire, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ), au pouvoir depuis 2018, disparaît du Parlement provincial. Mais derrière ce retour des indépendantistes, Delphine Jung, dans une analyse publiée ce 7 octobre 2026 par Mediapart, observe surtout le déplacement du débat politique québécois vers la droite.

Plusieurs politologues interrogés par la journaliste soulignent l’évolution du PQ, historiquement associé à la social-démocratie. Alain Gagnon, professeur à l’UQAM, estime que les enjeux identitaires ont progressivement pris le pas sur les références sociales qui caractérisaient autrefois le parti. Thierry Giasson, de l’Université Laval, rappelle que le PQ a réorienté son discours vers la droite afin de récupérer une partie de l’électorat parti vers la CAQ.

Cette évolution apparaît notamment dans le traitement de l’immigration. Durant la campagne, Paul St-Pierre Plamondon a fait de la capacité d’accueil du Québec un thème central et proposé de réduire à 35 000 le nombre annuel d’immigrants permanents, contre plus de 60 000 accueillis en 2025. Son discours établit notamment un lien entre immigration, crise du logement et pression sur les services publics. Les références aux politiques migratoires du Danemark et de la Suède occupent également une place importante dans son approche.

La question de l’indépendance, pourtant constitutive de l’identité du PQ, n’a pas été le principal ressort de la victoire électorale. Les enquêtes citées par Mediapart indiquent qu’environ un tiers des Québécois seraient favorables à l’indépendance. Le nouveau gouvernement devrait par ailleurs rester prudent sur l’organisation d’un éventuel référendum, notamment tant que Donald Trump est président des États-Unis.

Le scrutin confirme également l’affaiblissement de la gauche. Le Parti libéral du Québec obtient 24,2 % des voix et devient l’opposition officielle avec 40 députés. Le Parti conservateur du Québec réalise, avec 20,7 %, son meilleur résultat et fait élire 19 représentants. À gauche, Québec solidaire recueille 12,4 % des suffrages et perd deux sièges. Le parti demeure notamment pénalisé, selon les universitaires cités, par son soutien à l’indépendance, qui l’éloigne d’une partie de l’électorat de gauche.

La CAQ, qui avait obtenu 41 % des voix en 2022, chute à 13,4 % et perd toute représentation à l’Assemblée nationale. Son recul profite ainsi à plusieurs formations, dans un scrutin marqué par un important décalage entre le nombre de voix obtenues et le nombre de sièges, conséquence du système électoral uninominal à un tour.

Avec une majorité introuvable, Paul St-Pierre Plamondon devra enfin composer avec ses adversaires pour gouverner. Pour Mediapart, cette victoire du PQ ne traduit donc pas seulement le retour des indépendantistes au pouvoir : elle intervient dans une recomposition plus large du paysage politique québécois, où les questions migratoires et identitaires occupent désormais une place centrale.

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