Skip to main content
Winnie Mandela, l’icône qui a vacillé
Combattante de l’apartheid, elle fut aussi condamnée en 1991 pour l’enlèvement de quatre jeunes à Soweto. Portrait d’une figure sud-africaine que l’histoire n’a jamais réussi à trancher
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=Eb9J5Sfx99k

(AfriquesPlus) - Épouse de Nelson Mandela, figure de la résistance et « mère de la nation », Winnie Mandela a aussi été condamnée en 1991 pour l’enlèvement de quatre jeunes à Soweto. Retour sur un parcours où l’héroïsme et la controverse s’entremêlent.

Il y a deux images de Winnie Mandela. Sur la première, elle marche aux côtés de Nelson Mandela libéré, le poing levé. Sur la seconde, un cercueil d’adolescent, celui de Stompie, tué après avoir été conduit à son domicile de Soweto. Brut, qui consacre un format vidéo à la figure sud-africaine, rappelle que ces deux images continuent de se faire face.

Le 12 mai 1969, la police débarque chez elle en vertu du Terrorism Act. Elle est détenue 491 jours, dont 17 mois à l’isolement total, une épreuve qu’elle dira être la pire de sa vie. Les années suivantes sont celles d’un harcèlement continu : interdictions de travailler et de se déplacer, assignation à résidence, puis bannissement en 1977 à Brandfort, à 400 km de Soweto. Le média rappelle que l’ancienne assistante sociale, première Noire à exercer ce métier en Afrique du Sud, y traverse une longue dépression.

En 1986, dans un contexte de répression meurtrière, elle prononce un discours resté célèbre, dans lequel elle évoque les « allumettes » et les « colliers ». La formule renvoie au supplice du pneu enflammé infligé aux personnes soupçonnées de collaborer avec le régime. Brut y voit le tournant radical de Winnie, qui s’éloigne alors du discours pacifique de son époux.

Tout bascule avec la mort de Stompie, dont le corps est retrouvé en janvier 1989. Enlevé avec trois amis par le Mandela United Football Club, la garde rapprochée de Winnie Mandela, il avait été accusé d’être un informateur. Lors de son procès en 1991, elle est reconnue coupable d’enlèvement et de complicité dans les violences, mais pas du meurtre. La peine de six ans de prison sera ensuite convertie en sursis et en amendes.

Le couple ne s’en relève pas : Nelson et Winnie Mandela annoncent leur séparation en avril 1992. En 1997, devant la Commission vérité et réconciliation présidée par Desmond Tutu, elle doit répondre de 18 accusations de violations des droits humains, dont des meurtres.

Malgré ces zones d’ombre, Winnie Mandela reste pour beaucoup la « mère de la nation sud-africaine ». Elle est morte le 2 avril 2018 à Johannesburg.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1670
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3