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Au Gabon, Sylvia Bongo contre Oligui Nguema
Depuis Londres, l’ancienne première dame riposte aux accusations de Libreville, qui veut solder l’héritage des Bongo. Trois ans après la chute d’Ali Bongo Ondimba, la confrontation se poursuit à distance
 

(AfriquesPlus) - Le compte Instagram de Sylvia Bongo Ondimba a bien changé en trois ans. Dans une analyse publiée le 5 octobre 2026, la journaliste de Jeune Afrique Jeanne Le Bihan retrace comment l’ancienne première dame est passée des images de la campagne de 2023 au décompte de ses jours d’incarcération, puis à une reprise de parole assumée.

Libérée en mai 2025, Sylvia Bongo Ondimba a repris la main sur sa communication. « Le silence prend fin », écrivait-elle le 17 août 2025, en annonçant la réouverture du site de sa fondation, rapporte Jeune Afrique. Elle y publie des messages sur ses activités caritatives, sa famille et les droits des femmes, et s’est peu à peu replacée sur un terrain plus politique, laissé jusque-là à son fils aîné, Noureddin Bongo Valentin. Selon Jeanne Le Bihan, elle défend son époux Ali Bongo Ondimba, une voix « que l’on a tenté d’étouffer », et soutient Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre devenu opposant, incarcéré depuis le 16 avril.

Le 1er décembre 2025, six mois après avoir quitté le Gabon, elle écrivait : « Ils m’ont arrachée à mon foyer, une arme pointée sur la tête. » En mars, sur France 24, elle a réitéré ses accusations d’« actes de torture » et de « séquestration », motifs d’une plainte déposée en France par les conseils de la famille, précise Jeune Afrique. Installée à Londres, elle affirme ne plus jamais vouloir rentrer au Gabon.

Libreville a aussitôt dénoncé des « contre-vérités et des récits déformés » servant de relais à des campagnes de désinformation, et menacé de suspendre les médias qui s’en font l’écho, d’après Jeanne Le Bihan.

Selon le magazine, Sylvia et Noureddin Bongo ont été condamnés par contumace en novembre 2025 à vingt ans de prison et à une amende de plusieurs milliards de francs CFA. Tous deux contestent formellement les faits. Une notice rouge d’Interpol les vise à la demande de Libreville, et Sylvia Bongo Ondimba fait l’objet d’une enquête pour blanchiment en Suisse. Début juillet, elle a de nouveau affirmé que ses « économies ne prov[enaient] d’aucun fonds public gabonais ».

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique en juin, Brice Clotaire Oligui Nguema a assuré que les Bongo avaient bénéficié d’un « procès équitable ». « Le Gabon attend qu’ils respectent la décision de la justice », a-t-il ajouté, les accusant de vouloir « fuir toute condamnation et se blanchir ».

Libreville cherche à mettre la main sur des comptes à l’étranger et des sociétés que la justice gabonaise attribue à la famille. L’ancienne première dame rejette des allégations « infondées et motivées par des considérations politiques », écrit Jeune Afrique.

Dans le récit officiel, souligne Jeanne Le Bihan, elle incarne une « légion étrangère » qui se serait emparée de l’État, associée au « clan Bongo Valentin ». Trois ans après sa chute, conclut la journaliste, elle tente de redorer son image tandis que Libreville veut l’effacer et tourner la page de l’ère Bongo.

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