(Afriquesplus)- Le Malawi semble avoir retrouvé une certaine stabilité depuis le retour au pouvoir du président Peter Mutharika, mais cette amélioration ne s’est pas encore traduite par une transformation profonde du pays. C’est le constat dressé par le média malawite Nyasa Times, qui a comparé plusieurs évaluations de la première année du second mandat du chef de l’État.
Selon Nyasa Times, le président Mutharika obtient une note de 7,6 sur 10 dans l’évaluation réalisée par le média, notamment grâce à la gratuité de l’enseignement secondaire, à la réforme du programme de soutien aux intrants agricoles et aux premiers signes de stabilisation macroéconomique.
De son côté, un panel d’experts indépendants cité par Nation on Sunday attribue au gouvernement une note globale de 62,2 %, considérée comme « satisfaisante ». Les résultats sont toutefois contrastés selon les secteurs : l’économie obtient seulement 54,3 %, tandis que les services sociaux enregistrent le meilleur score avec 72,5 %.
L’électricité demeure l’un des principaux points faibles. Le pays continue de subir des délestages quotidiens de plusieurs heures. Nyasa Times évoque une disponibilité insuffisante de la production électrique, avec quatre à six heures de coupures par jour. Les données d’Egenco citées par Nation on Sunday font état d’une capacité disponible d’environ 370 MW pour une demande de pointe estimée à 452 MW.
Les appréciations divergent également dans les secteurs de la santé, de l’alimentation et de l’approvisionnement en carburant. Alors que le panel de Nation on Sunday juge positivement les progrès réalisés dans la santé, notamment grâce à l’amélioration des chaînes d’approvisionnement et du financement, Nyasa Times relève encore des pénuries de médicaments et d’équipements.
La situation alimentaire reste elle aussi fragile. Les prix du maïs auraient fortement diminué sur une période plus longue, mais des hausses ont été observées récemment. Le coût et la disponibilité des produits essentiels continuent ainsi de peser sur le quotidien des ménages.
Pour Nyasa Times, ces différences d’évaluation ne traduisent pas nécessairement une contradiction. Elles reflètent surtout des méthodes et des critères différents. L'une mesure davantage les engagements et les fondations des politiques publiques, tandis que l'autre se concentre sur les résultats obtenus par les responsables gouvernementaux.
Au-delà de la stabilisation de certains indicateurs, le principal défi pour le gouvernement de Peter Mutharika reste donc celui de la transformation structurelle. Le Malawi devra notamment améliorer durablement son approvisionnement énergétique, renforcer les services publics et consolider les acquis économiques pour que la stabilité se traduise par une amélioration tangible des conditions de vie.
Le débat est désormais moins centré sur la capacité du président à stabiliser le pays que sur celle de son gouvernement à produire des changements durables.