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Guinée-Bissau, les élections du 6 décembre menacées de report
Après le coup d’État de novembre 2025, la Guinée-Bissau reste plongée dans l’incertitude. À Bissau, la Commission électorale et le gouvernement reconnaissent que plusieurs conditions essentielles à un scrutin crédible ne sont toujours pas réunies.
 

(AfriquesPlus) – Le calendrier électoral de la Guinée-Bissau est de plus en plus incertain. La Commission nationale électorale (CNE) et le Premier ministre Ilidio Vieira Té ont estimé jeudi 8 octobre que les conditions techniques et politiques n’étaient pas réunies pour organiser les élections présidentielle et législatives prévues le 6 décembre. L’information a été rapportée le même jour par Africanews, avec l’Agence France-Presse (AFP).

La vice-présidente de la CNE, Felisberta Moura Vaz, a indiqué avoir été reçue par le président de la Transition et chef de la junte, le général Horta N’Tam, afin de donner son avis sur la possibilité de respecter la date du 6 décembre.

« Techniquement, les conditions ne seront pas réunies pour organiser des élections » à cette date, a-t-elle déclaré à la presse à l’issue de cette rencontre, selon Africanews. Interrogée sur un éventuel report, elle a toutefois refusé de se prononcer, rappelant que cette décision relève du président de la Transition.

Le Premier ministre Ilidio Vieira Té a tenu un constat similaire après avoir lui aussi rencontré le général Horta N’Tam. Selon lui, aucun parti politique ne se trouve actuellement dans des conditions suffisantes pour participer au scrutin.

Il a notamment évoqué la situation interne de plusieurs formations politiques, dont les directions seraient arrivées au terme de leur mandat et devraient être renouvelées. « Les conditions d’organiser des élections fiables ne sont pas réunies », a-t-il estimé.

Ces déclarations interviennent alors que la Guinée-Bissau traverse une nouvelle période de tensions politiques et sécuritaires. Le pays est dirigé par une junte militaire depuis le 26 novembre 2025, date à laquelle des militaires ont renversé le président Umaro Sissoco Embaló, à la veille de l’annonce des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives du 23 novembre.

Depuis le coup d’État, le processus de retour à l’ordre constitutionnel reste incertain. La junte a notamment organisé fin août un référendum constitutionnel qui a instauré un régime présidentiel renforcé, en remplacement du système semi-parlementaire. Le PAIGC, principal parti d’opposition, avait appelé au boycott du scrutin, dénonçant notamment des restrictions des libertés publiques.

La situation s’est également tendue autour de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, actuellement en exil. Celui-ci avait annoncé son intention de revenir dans le pays début octobre pour rencontrer ses partisans, avant que les autorités de transition ne déclarent que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies pour son retour.

Mercredi, le général Horta N’Tam avait par ailleurs appelé les éléments de la garde présidentielle, considérés comme proches de l’ancien chef de l’État, à remettre volontairement leurs armes.

La perspective d’un nouveau report des élections intervient ainsi dans un contexte de forte incertitude politique. Des anciens dirigeants africains, des diplomates, des universitaires et des représentants de la société civile ont récemment appelé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à intervenir pour favoriser un retour à l’ordre constitutionnel.

Dans une lettre ouverte rendue publique samedi, ils ont notamment demandé l’établissement d’un calendrier politique crédible, accompagné de garanties concernant les libertés publiques, le pluralisme politique et l’indépendance de l’administration électorale.

Prévu pour le 6 décembre, le scrutin devait permettre le retour des civils au pouvoir après plus d’un an de transition militaire. Mais les déclarations de la Commission électorale et du Premier ministre rendent désormais l’échéance électorale particulièrement incertaine, sans qu’un nouveau calendrier n’ait encore été officiellement annoncé.

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