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En Éthiopie, la reprise des violences fait peser une menace sur toute la région
Les fractures politiques internes se conjuguent aux rivalités entre puissances régionales, notamment l’Érythrée, l’Égypte et le Soudan, faisant peser une menace sur l’ensemble de la Corne de l’Afrique
 

(AfriquesPlus) - La résurgence des combats dans le nord de l’Éthiopie fait craindre une nouvelle catastrophe humanitaire et une extension des tensions à l’échelle régionale. Dans un éditorial publié le 8 octobre 2026, The Guardian alerte sur l’imbrication des fractures politiques internes et des rivalités géopolitiques qui fragilisent la Corne de l’Afrique.

Le conflit oppose notamment le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed à plusieurs groupes régionaux qui ont annoncé, en septembre, une « Alliance pour la survie » visant à renverser le pouvoir fédéral. Les relations entre ces mouvements restent cependant marquées par des rivalités anciennes, notamment entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et la milice Fano de la région Amhara. Dans le même temps, Addis-Abeba accuse l’Érythrée de soutenir les forces rebelles, une accusation rejetée par Asmara.

Pour le quotidien britannique, la crise éthiopienne ne peut être comprise indépendamment des tensions entre les États voisins. Les revendications éthiopiennes d’un accès à la mer Rouge alimentent les inquiétudes de l’Érythrée, tandis que le différend autour du barrage de la Renaissance sur le Nil détériore les relations avec l’Égypte et le Soudan. Les conflits au Soudan, au Yémen et en Iran, ainsi que les rivalités entre puissances régionales, contribuent également à complexifier la situation.

Cette nouvelle flambée de violence survient alors que les populations restent fragilisées par les conséquences de la guerre précédente au Tigré, qui a fait des centaines de milliers de morts selon les estimations citées par le journal et provoqué des déplacements massifs. La production agricole demeure affectée, tandis que les difficultés d’approvisionnement en carburant et en engrais, la baisse de l’aide internationale et les effets d’El Niño aggravent les risques alimentaires.

Malgré cette dégradation, The Guardian estime qu’une trêve reste envisageable et doit être privilégiée. Le journal appelle à une mobilisation humanitaire urgente et à une recomposition politique permettant d’éviter une nouvelle guerre de grande ampleur. Il met en garde contre les stratégies de dirigeants qui cherchent à renforcer leur pouvoir en intervenant dans les conflits voisins, au risque d’entretenir une crise régionale toujours plus difficile à résoudre.

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