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Burkina Faso, des chercheurs développent un bio-insecticide contre le paludisme et la dengue
Une plante locale pourrait contribuer à réduire la prolifération des moustiques responsables du paludisme et de la dengue. Lors des essais, le produit a éliminé entre 80 et 90 % des larves ciblées.
 

(AfriquesPlus) – Des chercheurs de l’Université Joseph-Ki-Zerbo, au Burkina Faso, ont développé un bio-insecticide à partir des feuilles de Calotropis procera, une plante locale, pour lutter contre les moustiques vecteurs du paludisme et de la dengue. Dans une dépêche publiée le 9 octobre 2026, APAnews rapporte que les résultats de ces travaux ont été présentés les 8 et 9 octobre à Ziniaré, lors d’un atelier de restitution et de clôture du projet.

Les recherches ont été conduites au sein du Laboratoire de développement du médicament (LADME). Elles ont porté sur l’activité larvicide de la plante contre Anopheles gambiae s.l., un groupe de moustiques vecteurs du paludisme, et Aedes aegypti, qui transmet notamment la dengue.

Selon les résultats présentés, le produit a permis d’éliminer entre 80 et 90 % des larves ciblées lors des essais. Les chercheurs ont également étudié la composition phytochimique de la plante afin d’identifier les substances susceptibles d’expliquer son activité contre les larves de moustiques.

Le projet a notamment abouti à une formulation sous forme de comprimés matriciels, conçus pour prolonger l’action du produit. Cette approche vise à améliorer la durée d’efficacité du traitement et pourrait faciliter son utilisation dans les dispositifs de lutte contre les moustiques.

Les travaux se sont étalés sur environ trois ans et demi. Ils ont bénéficié du financement du Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER), anciennement appelé Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID).

Malgré ces résultats, plusieurs étapes restent nécessaires avant d’envisager une utilisation à grande échelle. Les chercheurs doivent notamment poursuivre les travaux sur les conditions de production, l’accessibilité financière du produit et sa mise à disposition des populations. Ils ont ainsi appelé les pouvoirs publics à accompagner la suite du projet.

L’utilisation d’une plante locale pourrait offrir une nouvelle piste pour diversifier les moyens de lutte antivectorielle au Burkina Faso. Toutefois, les résultats obtenus en laboratoire ne suffisent pas, à eux seuls, à établir l’efficacité du produit dans les conditions réelles d’utilisation. Sa sécurité, son efficacité sur le terrain et les conditions d’une production à grande échelle devront être davantage documentées.

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